Le front social ne retrouve pas le calme, alors que les réunions se multiplient autour de divers sujets de mécontentement, dans un contexte marqué par le débat autour de l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens et les promesses des pouvoirs publics d’y remédier à travers la future loi de finances et les nouveautés qui seront apportées dans le point indiciaire et l’IRG.

Par NAZIM B.
Plusieurs catégories sociales vivent, en effet, au rythme de la contestation au moment où les tutelles concernées tentent de désamorcer la protestation en misant, tantôt sur le temps, tantôt sur des révisions des textes.
A l’évidence, les secteurs de l’Education nationale et de la Santé publique sont les plus visibles sur ce front social bouillonnant, mais d’autres secteurs, dans le secteur public comme dans la sphère privée, n’annoncent pas moins des alertes de débrayage.
Les ministères qui ont ouvert les voies du dialogue avec leurs partenaires sociaux respectifs sont appelés vraisemblablement à un effort supplémentaire pour pouvoir convaincre les contestataires de surseoir à leur menace de grève. D’autant plus que la montée des organisations syndicales semble bénéficier de l’appui de l’opinion publique et de quelques partis politiques de l’opposition bien que des représentants d’association de parents d’élèves voient d’un mauvais œil les menaces de grève dans le secteur de l’éducation.
Sinon dans les milieux politiques, les revendications des syndicats sont plus que légitimes notamment dans le volet lié à la préservation du pouvoir d’achat. «Le projet de loi de finances pour l’année à venir comporte des mesures visant à instaurer une rupture avec les objectifs sociaux et économiques de la Révolution de libération, qui ont établi le caractère social de l’Etat algérien hérité de l’indépendance nationale du travail», a estimé le Parti des travailleurs (PT).
Pour le parti de Louisa Hanoune, ces mesures interviennent dans un contexte de «grande paupérisation de pans entiers de la société», estimant que «plutôt que de trouver des solutions aux problèmes aigus auxquels sont confrontés les Algériens en procédant, par exemple, au recouvrement de près de 50 000 milliards de dinars algériens de dettes et d’encours de prêts sur 15 ans par une oligarchie prédatrice, en gonflant les factures à travers la réévaluation des projets, le gouvernement a rédigé un projet de loi de finances pour l’année 2022 qui porte un coup fatal aux acquis sociaux et économiques enregistrés après l’indépendance nationale».
Selon le PT, «ces mesures contenues dans le PLF 2022 vont à l’encontre des idéaux de la Révolution algérienne qui, de son point de vue, a «un contenu politique, économique et social».
Pour sa part, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a pointé «la poursuite de la dégradation effrénée du pouvoir d’achat et des conditions de vie de l’ensemble des salariés et la descente aux enfers des catégories sociales les plus fragiles», soulignant qu’aucun produit ou service n’échappe à la hausse de prix», jugeant que la «politique antisociale pilotée par le gouvernement a pour objectif d’en finir de la manière la plus brutale avec la subvention des produits de base».
Coté spécialistes des questions sociales, M. Nouredine Bouderba a estimé qu’il s’agit «surtout de rattraper et d’augmenter un pouvoir d’achat qui est tellement érodé, qu’il faudrait des mesures importantes et profondes pour essayer de prendre des décisions qui vont dans le maintien de la cohésion sociale en Algérie».
Pour lui «quels que soient les taux de réduction de l’IRG ou de l’augmentation du point indiciaire, si ces mesures se limitent à ces deux points, cela ne va rien résoudre et risque même d’approfondir les inégalités».