PAR MILINA KOUACI
La colère semble de retour au sein des travailleurs de la Fonction publique. Plusieurs syndicats annoncent des actions de protestation et mettent en garde quant à une situation sociale «en dégradation constante», en raison de l’érosion du pouvoir d’achat et l’explosion des prix.
Ainsi, les travailleurs du secteur public observeront une importante protestation avec une journée de grève le 2 mars prochain. Cette action sera appuyée par des rassemblements devant les sièges d’une trentaine de wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux.
Ces organisations syndicales représentent les secteurs de l’Education, de l’Enseignement supérieur, de la Santé et des Finances et n’écartent pas la possibilité de «radicaliser ces actions si la plateforme de revendications n’est pas satisfaite». Dont la principale est l’actualisation de la prime de zone calculée sur la base du barème des rémunérations de 1989, suivant la classification administrative des zones du Sud. Les protestataires demandent, également, de généraliser la prime zone à tous les travailleurs exerçant dans le Sud. L’Intersyndicale de la Fonction publique du Sud exprime son «désarroi» quant à la non-prise en charge de ses revendications qu’elle qualifie de «légitimes» et qui devraient être «concrétisées» afin d’apaiser la colère des travailleurs et de garantir la stabilité des différents secteurs. Outre la prime de zone géographique, l’Intersyndicale de la Fonction publique du Sud exige de généraliser la «prime d’excellence» à toutes les catégories et travailleurs relevant des secteurs de la Fonction publique et de comptabiliser la durée du service dans le Sud dans le dossier de retraite. Dans le secteur de l’éducation, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste) a décidé de reprendre la protestation cyclique de deux jours par semaine. Ce syndicat organise, les 28 février et 1er mars prochain, une action de grève avec le maintien du boycott de la remise des notes des élèves aux administrations des écoles. D’ailleurs, un nombre important d’élèves n’ont reçu leur relevé de notes en raison des actions du Cnapeste. Ce dernier dénonce «la situation sociale des enseignants» et demande au gouvernement de la placer parmi les priorités absolues en raison de la flambée des prix et de l’érosion du pouvoir d’achat. Le syndicat a réitéré ses revendications relatives à l’augmentation des salaires, la valorisation effective du point indiciaire, ainsi que la révision à la hausse du régime indemnitaire et des primes avec la nécessité de leur généralisation à d’autres catégories du secteur.
Le bureau local de Tizi Ouzou du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) a observé, hier, une action de grève suivie d’un sit-in de protestation devant le siège de la direction de l’éducation de la wilaya. Outre les revendications d’ordre local, le syndicat a exprimé son attachement aux revendications nationales comme la protection du pouvoir d’achat, le relèvement du point indiciaire, le droit de départ en retraite anticipée, et l’application du décret 266/14 avec effet rétroactif.
Sit-in des enseignants contractuels dimanche
Les enseignants contractuels de l’éducation observeront, le dimanche 27 février, un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau, Alger. Cette corporation, au nombre de 15 000 enseignants dans les trois cycles, réclame «une intégration directe» dans les postes vacants sans condition aucune et sans devoir passer par un concours de recrutement pour les compétences acquises des années d’expérience et d’exercice sur le terrain, sachant que les postes vacants sont réservés aux promotions des Ecoles normales supérieures et aux diplômés.
Mais d’après la Coordination nationale des enseignants contractuels, le secteur de l’Education souffre d’un «manque flagrant en matière d’enseignants dans les matières de physique, des mathématiques et de français». C’est pour ce manque d’effectif que la tutelle fait recours, annuellement, aux milliers de contractuels pour «combler le déficit et garantir un encadrement et une stabilité dans le secteur de l’Education», souligne ladite Coordination. <