La Confédération des syndicats algériens (CSA) a mis fin, hier, à sa position de rejet vis-à-vis de tout ce qui émanerait du gouvernement. Elle exprime désormais sa disposition à dialoguer avec l’Exécutif, notamment pour ce qui relève des préoccupations sociales. La CSA a-t-elle entendu l’appel, lancé la semaine passée par le Premier ministre Abdelaziz Djerad ? Tout porte à le croire dans la mesure où la Confédération considère qu’elle est devant « un gouvernement de fait accompli ».

C’est ce qui ressort de la réunion tenue, hier, par cette confédération, qui a élu par la même occasion Meziane Meriane, coordinateur national à la place de Lyes Merabet du SNPSP. La réunion périodique du bureau fédéral de la CSA a été marquée par la présence de 11 syndicats parmi les 15 que compte cette confédération. Parmi les organisations syndicales présentes, le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) ainsi que le Syndicat autonome des biologistes de la santé publique(SABSP).
Selon Sadek Dziri, président de l’Unpef, le nouveau coordinateur national de la CSA Meziane Meriane
« a été élu à l’unanimité », expliquant que cette procédure « est normale dans les pratiques de la CSA qui procède à l’élection d’un nouveau coordinateur tous les six mois ». « L’ordre du jour de cette réunion a englobé l’évaluation de la situation syndicale et générale du pays qui touche aussi au volet politique. Dans ce sillage, nous avons discuté du dialogue social prévu par le nouveau gouvernement et nous avons décidé de lever le boycott que nous avons déjà adopté à l’égard de l’Exécutif », a-t-il souligné. « Nous avons considéré que nous étions devant un gouvernement du fait accompli et que nous devons défendre les intérêts des travailleurs », ajoute Sadek Dziri. Bien que ces propos laissent croire que les syndicats membres de la CSA sont favorables au dialogue social, auquel le Premier ministre Abdelaziz Djerad avait déjà appelé, Sadek Dziri a éludé la question relative à l’adhésion ou pas au dialogue.
« Cela reviendra à chacun des syndicats membres », a-t-il précisé, ajoutant que « pour que ce dialogue social avec le gouvernement puisse avoir un sens et pour que la CSA soit présente dans les travaux de la prochaine tripartite, il faudrait que l’administration agrée l’existence de notre confédération ». « Nous attendons l’accusé de réception de l’enregistrement de notre confédération depuis 2017 », a-t-il noté. Concernant le volet politique, et plus précisément le dialogue national, prévu par le président Abdelmadjid Tebboune, le président de l’Unpef dira que « le dialogue national est important mais il faut satisfaire certains préalables, notamment des mesures d’apaisement qui pourront faire revenir la confiance entre tout le monde ». Il a cité, entre autres, la nécessité de « poursuivre la libération de tous les détenus du mouvement populaire pacifique, d’enclencher une ouverture médiatique ainsi que la concrétisation des libertés générales, notamment en ce qui concerne les rassemblements ».