C’est aujourd’hui que l’Intersyndicale organise une journée d’étude sur la constitutionnalisation des lois dans le pays au siège du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) à Alger en présence d’experts en droit constitutionnel.

«Il est de notre devoir d’informer le Conseil constitutionnel de l’inconstitutionnalité de certaines lois comme celle de la loi sur la retraite de décembre 2016», souligne l’Intersyndicale dans un communiqué parvenu à notre rédaction. Mais pour Ahmed Guettiche, secrétaire national des relations générales de la centrale syndicale UGTA, «avant que le projet de loi relatif à la retraite soit adopté, en novembre dernier, par la majorité des membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) puis, à l’unanimité au Conseil de la nation, le projet a été soumis à l’approbation du président et Conseil constitutionnel». Il explique à cet effet que toutes les procédures légitimes ont été suivies pour la suppression de la retraite proportionnelle.
«Toutefois, l’Intersyndicale peut proposer des textes et demander l’amendement de certains articles», ajoute-t-il. La nouvelle loi sur la retraite a été adoptée pour ne pas «supprimer plus de 900 000 postes d’emploi», argue le secrétaire national des relations générales de l’UGTA.
Il s’interroge, en effet, sur la légitimité des mouvements de débrayage observés par l’Intersyndicale. «Certes, la grève est un droit garanti par la loi, mais je me demande s’il est légitime de priver nos enfants de poursuivre ordinairement leur programme scolaire», s’est interrogé Guettiche. Il est à rappeler que l’Intersyndicale revendique notamment le maintien de la retraite proportionnelle sans condition d’âge, sa participation à l’élaboration du code du travail et la préservation du pouvoir d’achat en vertu de la loi de finances 2017. En décembre dernier, l’APN avait adopté un amendement oral présenté, sur instruction du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale Mohamed El Ghazi, au projet de loi. L’amendement prévoit notamment l’attribution pendant deux années de la pension de retraite, avec jouissance immédiate au profit des travailleurs salariés âgés de 58 ans en 2017 et 59 ans en 2018 et qui ont totalisé 32 années au moins de service effectif ayant donné lieu au versement de cotisations.
M. K.