Les organisations syndicales autonomes s’apprêtent à déposer le dossier d’agrément de la Confédération des syndicats algériens (CSA) auprès du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, apprend-on de Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef).

L’Intersyndicale s’est focalisée, ces derniers mois, sur les actions, marches et manifestations. «Actuellement, on est décidé à créer la confédération. La commission de rédaction de l’avant-projet de statut de la confédération a finalisé son travail. Il ne lui reste qu’à rendre ses conclusions et soumettre le texte aux responsables des syndicats autonomes, avant de déposer le dossier pour l’agrément», ajoute M. Amoura. «La démarche devra se concrétiser au cours du mois de mai», précisera, pour sa part, Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Le recours à cette union est envisagé dans une conjoncture marquée par des «atteintes flagrantes au libre exercice du droit syndical et au droit de grève», selon les syndicats autonomes. Nos interlocuteurs, membres de l’Intersyndicale, accusent explicitement le ministère du Travail de manœuvres d’intimidation des syndicats. «La loi suprême du pays, qui est la Constitution, garantit le droit de la grève et malgré les intimidations, nous allons poursuivre la lutte syndicale», ajoute le secrétaire général du Satef.
Ces syndicats ne cessent de dénoncer l’attitude de Mourad Zemali, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale qui, selon eux, «intimide» les syndicats autonomes, contrairement à son prédécesseur qui les recevait et leur a demandé de faire une lecture de l’avant-projet de loi sur le travail. «Ce ministre veut entraver et  arrêter toute activité syndicale», dénonce Abdelouahab Zegar, porte-parole de l’Unpef. M.  Zemali a une nouvelle fois adressé un message aux syndicats autonomes et employeurs, portant sur la représentativité des travailleurs pour ne pas perdre le droit d’activer. «Le droit à l’activité syndicale est garanti par la loi et ces syndicats ont le droit d’activer, sauf qu’ils doivent, également, répondre à certaines exigences», a dit M. Zemali, rappelant que tous les syndicats ont été interpellés pour «prouver» leur représentativité. Seuls 16 syndicats ont transmis, jusqu’à présent, des informations permettant d’apprécier leur représentativité, alors que 14 autres ont communiqué des informations incomplètes, a-t-il souligné.
Le ministre a fait savoir que les adhérents à ces syndicats se verront sanctionnés en cas de grève. «Leur absence au niveau des structures de travail sera perçue comme un abandon de poste», a-t-il dit, ajoutant que la liste finale de ces syndicats sera connue aujourd’hui.
Cette mesure a suscité la grogne et le mécontentement des syndicats qui, pour la plupart, pour ne pas dire la totalité, ne disposent pas de 20 % de représentativité.
« M. Zemali dépasse ses prérogatives, la décision de l’activité des syndicats ne lui revient pas, mais revient aux départements ministériels de tutelle. Zemali peut donner les récépissés d’enregistrement, donner des subventions aux syndicats en fonction du nombre d’adhérents. Il n’a pas à transgresser la loi ou contredire ce que prévoit le code du travail», ajoute M. Achour. L’Intersyndicale s’est réunie hier à Alger, pour évaluer l’action que l’Intersyndicale de l’éducation menée le 4 avril dernier. La grève a paralysé le secteur de l’éducation, des sit-in ont été observés au niveau des sièges de wilayas de Bouira, Oran, Annaba et Laghouat. La dernière action commune remonte au 14 février. Pour rappel, les revendications de l’Intersyndicale s’articulent essentiellement autour du respect des libertés syndicales, l’annulation de la retraite proportionnelle, l’avant-projet de loi sur le travail et l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens.