Après avoir été empêché de protester dans la capitale, le collectif de l’Intersyndicale, représentant plusieurs secteurs de la Fonction publique, a bel et bien marché, hier, dans les artères de la wilaya de Tizi Ouzou.

La marche nationale, à laquelle ont pris part les syndicats autonomes de 34 wilayas, s’est ébranlée de l’esplanade du Musée de la ville (ex-mairie) au centre-ville, en empruntant l’avenue Houari-Boumediène et la rue Ali-Rabia, pour rallier le siège de la wilaya avec pour mots d’order d’exiger la suppression de la nouvelle loi sur la retraite (loi 15-16 du 31 décembre 2016) qualifiée d’« anticonstitutionnelle », la participation des syndicats autonomes dans l’élaboration du nouveau projet du Code du travail. Ils ont également saisi l’occasion pour appeler à être conviés aux travaux de la Tripartite prévue le 6 mars prochain.
A souligner qu’un important dispositif sécuritaire a été mobilisé sur les lieux de la manifestation. D’ailleurs, plusieurs bus transportant les protestataires ont été empêchés d’entrer dans la ville de Tizi Ouzou. « Nous avons été empêchés de rejoindre la ville, ce qui a poussé le chauffeur à prendre le chemin de la nouvelle gare routière », nous dira une enseignante venue d’Aïn Defla.
Des quatre coins du pays, des milliers de syndicalistes autonomes exerçant dans les différents secteurs de la Fonction publique ont décidé, hier, de battre le pavé en rejoignant la wilaya de Tizi Ouzou pour prendre part à cette marche et faire valoir leurs revendications. « Nous rejetons catégoriquement cette nouvelle loi (retraite, NDLR). Nous exigeons le droit à la retraite anticipée sans condition d’âge et que les syndicats autonomes soient associés en tant qu’observateurs dans l’élaboration du nouveau projet du Code du travail, ainsi que l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen qui est en nette régression », a affirmé le membre de bureau national du Syndicat autonome de l’éducation et de la formation (Satef), Hand Ouali, rencontré sur place.
A préciser que pas moins d’une douzaine de syndicats autonomes de différents secteurs, formation professionnelle, administration publique, santé publique, éducation nationale, paramédicaux, ont pris part à cette protestation, dont le Satef, Snapap, SNTE, Snapest, Cnapest, Snap, SNPSP… Les protestataires ont brandi des banderoles sur lesquelles nous pouvons lire : «Non au détournement de l’argent public au nom de la loi», ou bien «Halte au mépris des travailleurs», «Aujourd’hui et demain, l’Intersyndicale sera toujours là ».
Enfin, il faut noter qu’en plus de Tizi Ouzou, plusieurs wilayas ont été représentées : Khenchela, Sidi Bel Abbès, Sétif, Tlemcen, Oran, Mostaganem, Laghouat, Jijel, Ouargla, Biskra, Mascara, El Bayadh, Aïn Defla… Après avoir rejoint le siège de la wilaya et écouté l’hymne national, les organisateurs de cette manifestation ont donné la parole aux présidents des différentes sections syndicales. Lors de son intervention, le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, a affirmé que cette action de rue est le seul moyen pour dénoncer la sourde oreille du gouvernement.
«Cette nouvelle loi est une atteinte au pouvoir d’achat du citoyen. Malgré les richesses que recèle le pays, le citoyen est toujours pauvre. Comment voulez-vous vous taire alors que les prix des produits alimentaires ont augmenté de plus de 30% ? », a-t-il dit. Même son de cloche chez Abdelkrim Boudjenah, porte-parole du Cnapest élargi, Salim Oulha, qui a indiqué que les fonctionnaires n’acceptent pas la nouvelle loi sur les retraites. « Nous devrons agir et rester solidaires ». De son côté, le coordinateur national du Snapest a tiré à boulets rouges sur les répercussions de cette loi et menacé de reprendre le chemin de la protestation dans les prochains jours jusqu’à ce que les pouvoirs publics fassent machine arrière. Aux environs de 13h, les protestataires se sont dispersés dans le calme et aucun incident n’est à relever.