L’Intersyndicale autonome de la Fonction publique se réunira, le 4 février prochain, pour décider des suites à donner à son mouvement de protestation contre la nouvelle loi sur la retraite, la détérioration du pouvoir d’achat et pour une participation effective à l’élaboration du nouveau code du travail.

Si le gouvernement a décidé d’entamer le dialogue sur cette dernière revendication, ce n’est pas pour autant que les syndicats de la santé, de l’éducation et de l’administration publique reculent. Bien au contraire, tout porte à croire qu’on va droit vers un durcissement de ton dès le mois prochain. Les syndicats qui ont organisé samedi des rassemblements régionaux à Blida, Batna, Oran et Ouargla, l’ont clairement fait comprendre, jugeant « insuffisant » le dialogue amorcé avec le gouvernement. « Si les autorités croient avoir gagné la sympathie des partenaires sociaux par de simples réunions pour parler du futur code du travail, elles ont certainement tort », nous ont affirmé des membres de l’Intersyndicale.
Pour Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), malgré le dialogue, l’Intersyndicale ne perd pas de vue son refus de la nouvelle loi sur la retraite, bien qu’elle soit entrée en vigueur depuis le 1er janvier. « Bien qu’il soit le bienvenu, ce dialogue est intervenu en retard et, aujourd’hui, nous sommes plus que jamais déterminés à nous battre pour la satisfaction de notre plateforme de revendications, notamment le retrait de la loi sur la retraite », dit-il. Et de rappeler qu’une requête a été adressée au chef de l’Etat, afin qu’il use de ses prérogatives institutionnelles pour geler ou retirer la loi.
Notre interlocuteur met en garde que si les choses restent en l’état actuel, il y aura certainement un retour à l’action de terrain.
« Une réunion se tiendra le 4 février prochain pour en définir le mode de protestation, si nous irons vers une grève cyclique ou une marche », précise-t-il.
En clair, le retour à la charge est presque acquis et les 12 syndicats partagent la même conviction qu’il ne faut pas faire marche-arrière, surtout que la situation s’y prête.
En effet, dans une conjoncture qui précède la tenue des élections législatives au printemps prochain, il semblerait que ce soit le gouvernement qui a le plus besoin de se rapprocher des syndicats autonomes et non le contraire. Un front social en ébullition n’arrangerait pas le bon déroulement des échéances. D’ailleurs, les syndicats n’avaient pas manqué d’exprimer des doutes quant au timing choisi pour l’ouverture du dialogue, souhaitant qu’« il ne soit pas conjoncturel ». Cela dit, et malgré la volonté des autorités à bâtir une relation de confiance avec les syndicats « pour l’avenir », comme l’avait si bien exprimé le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, le bras de fer engagé depuis le mois d’octobre 2016 ne semble pas près de connaître son épilogue.
Plus que ça. Il y a même risque de pourrissement si les deux parties continueraient de s’accrocher à leurs positions diamétralement opposées. Il suffit de constater que l’Intersyndicale maintient toujours la pression concernant le dossier de la retraite, à travers cette énième démarche visant à rassembler 1 million de signatures pour demander au président de la République de retirer le texte. Que décideront les syndicats le 4 février prochain ? Le gouvernement arrivera-t-il à apaiser les tensions avant les élections législatives ? Réponse dans quelques jours.