Après l’empêchement de son sit-in, le 25 novembre dernier, par les forces de l’ordre, l’Intersyndicale, réunissant une quinzaine de syndicats autonomes, a tenu à organiser, jeudi dernier, une réunion exceptionnelle pour décider de la manière de riposter.

A l’issue de cette rencontre, qui a eu lieu à Alger, les syndicats autonomes affiliés à l’Intersyndicale ont, dans l’ensemble, posé l’éventualité d’un dépôt de plainte contre les forces de l’ordre qui ont « encerclé » le siège de l’Unpef de manière « illégale », empêchant les syndicalistes qui s’y sont réfugiés de sortir.
« Mener une action juridique pour dénoncer cette grave atteinte aux libertés syndicales est une éventualité qui s’est sérieusement posée lors de cette réunion. Ce qui est sûr aussi c’est que l’Intersyndicale compte bel et bien alerter la Présidence de la République et le Bureau international du travail sur les pressions que nous subissons en notre qualité de syndicalistes », a fait savoir Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Lors de cette réunion, il a également été question des différentes atteintes aux libertés syndicales à l’instar des licenciements abusifs de certains syndicalistes. Cependant, l’Intersyndicale a décidé de s’octroyer le temps nécessaire pour décider de la façon de riposter en déclarant la réunion ouverte jusqu’à mercredi prochain. « Nous avons opté pour une réunion ouverte pour que les différents syndicats puissent consulter leurs sections régionales et décider des actions à venir. Une chose est sûre, la tendance est à la radicalisation du mouvement de protestation », a indiqué Idir Achour.
Rappelons qu’au lendemain de l’arrestation de nombreux syndicalistes, de nombreux présidents de syndicat ont affirmé la possibilité de la reprise des grèves dans le secteur public. Une action de débrayage qui risque de chambouler sérieusement les secteurs de l’éducation et de la santé, dont de nombreux syndicats sont affiliés à l’Intersyndicale. « Il est hors de question de laisser passer notre mésaventure du samedi 25 novembre. Nous n’avons fait que notre devoir de syndicaliste. Nous n’avons même pas eu l’occasion d’arriver au lieu du sit-in. En plus, nos militants ont été retenus au siège de l’Unpef encerclé par les forces de l’ordre ! C’est en refusant d’ouvrir les portes du dialogue que le gouvernement nous pousse à radicaliser notre action. La responsabilité leur incombe », a indiqué Meziane Meriane, président du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest).