Avec la main tendue du président Tebboune à l’adresse des syndicats autonomes, c’est une nouvelle séquence qui s’annonce dans les prochaines semaines dans la perspective de « pacifier » le front social en ébullition.

PAR NAZIM BRAHIMI
S’agissant particulièrement du secteur de l’Education nationale, le premier magistrat du pays a donné des instructions pour « engager un dialogue avec les différents partenaires sociaux aux fins d’améliorer la situation socioprofessionnelle des employés du secteur ».
Sauf que l’attitude des autorités à l’égard du front social n’évolue pas de manière synchronisée et sereine dans la mesure où parallèlement à l’offre de paix sociale du Président, il y a eu un traitement qui ne renforce pas la voie du dialogue et de la concertation. Pourtant l’offre de dialogue a plus besoin de mesures d’apaisement pour donner davantage de chances de succès au compromis recherché.
Car aussi bien au lendemain de la manifestation des agents de la Protection civile que suite aux différents mouvements de grève observés dans le secteur de l’Education, c’est le recours à l’exclusion qui a été privilégié.
Avant-hier, soit 24 heures après la marche des pompiers qui a défrayé la chronique, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a fait état de mesures de suspension « dans un premier temps et de poursuites judiciaires ensuite contre 230 agents de la Protection civile ayant observé un mouvement de protestation contraire au statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de la Protection civile ».
Le département de l’Intérieur a précisé à ce propos que « des mesures de suspension ont été décidées, dans un premier temps, contre 230 agents en application des dispositions de l’article 173 du statut général de la Fonction publique, avec engagement de poursuites judiciaires, dans un deuxième temps ».
Les sanctions ainsi que le ton dans lequel a été rédigée la réaction de la tutelle ne sont pas de nature à calmer ni à rassurer les pompiers en colère, qui tenaient pourtant à l’occasion de la marche de dimanche à ne se référer qu’à leurs revendications socioprofessionnelles qu’ils estiment « légitimes ».
D’ailleurs, hier (mardi), des sit-in ont été organisés par les pompiers devant leurs directions régionales pour dénoncer les sanctions qui ont touché leurs collègues. C’est le cas notamment dans la wilaya de M’sila où un sit-in a été observé pour réclamer la réintégration des agents exclus.
Une situation similaire est observée dans le secteur de l’Education où des manifestations se poursuivent et seraient boostées par les mesures de ponction des primes, décidées par certaines directions de wilayas. Ce qui a attisé la colère des enseignants contestataires sortis une nouvelle fois dans la rue dans certaines localités comme Aïn Témouchent.
S’agissant du secteur de la Santé, le Président a instruit le premier responsable du secteur à l’effet de mettre en place une «approche prenant en compte l’efficacité du service civil en vue de l’encouragement des compétences nationales et de la protection de la santé publique».
En attendant de voir comment va réagir le personnel de la santé, déjà sous pression en cette période d’urgence sanitaire, l’on sait d’ores et déjà à travers le président du SNPSP, Lyes Merabet, que l’offre de dialogue est « favorablement accueillie » mais sans « trop d’illusion » au vu des précédentes expériences. « C’est une décision importante. Nous espérons aboutir à un dialogue respectueux et consensuel afin de trouver des solutions à la crise sociale», a indiqué, dans ce sens, le président du SNPSP, qui ne convoque pas moins le mauvais souvenir des précédents dialogues dont l’issue « n’a pas été à la mesure des intentions affichées » par les autorités.
« Des accords ont été signés, par le passé, avec la tutelle, mais qui n’ont pas été suivis de l’application nécessaire. Des dossiers traînent encore depuis 2011», a fait remarquer M. Merabet, qui cite plus d’un dossier en attente de traitement. Il s’agit notamment de la révision du statut particulier, du régime indemnitaire et de la progression des carrières dans la santé publique. « Nous espérons que le dialogue annoncé sera mis en place sous le patronage du Premier ministre», a-t-il plaidé.