Par Milina Kouaci
Les conditions socioprofessionnelles au cœur de la contestation sociale… En plus des annonces de débrayage pour la semaine qui commence, notamment dans le secteur de la santé, celle qui s’achève a été très agitée sur le front social où les conditions d’exercice des travailleurs sont revenues de façon intense au-devant de la scène. En effet, les enseignants du cycle du primaire, les fonctionnaires du commerce, ceux des impôts et les inspecteurs de travail ont paralysé leurs secteurs respectifs en exprimant leur mécontentement des promesses non tenues et des revendications restées sans réponse de la part des différentes tutelles.
Ces derniers ont organisé, chacun dans son secteur, des débrayages « largement suivis », selon les organisations syndicales qui exigent l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs afin d’épargner les secteurs en question de nouvelles actions de protestation, notamment si leurs revendications demeurent en suspens.
La grève de trois jours des fonctionnaires des impôts, entamée lundi dernier en réponse à l’appel du Syndicat autonome des fonctionnaires des impôts (SAFI), a impacté l’opération d’acquittement de la vignette automobile de l’année 2021. Ce débrayage, décidé selon le SAFI, pour dénoncer le « non-respect de la tutelle de ses engagements », a paralysé les recettes des impôts du 29 au 31 mars. Une situation qui a conduit la Direction générale des impôts (DGI) à proroger la période d’acquittement au 29 avril pour ne pas infliger d’amende fiscale aux retardataires.
« Nous poursuivrons nos actions jusqu’à satisfaction de nos revendications et de recouvrir la dignité des travailleurs », prévient le syndicat dans un communiqué rendu public. Cette organisation syndicale accuse la tutelle de « fuir ses engagements », menaçant ainsi de radicaliser ses actions si sa plateforme de revendications demeure insatisfaite.
Dans le secteur du Commerce, un mouvement de grève de trois jours a été également observé à l’appel de la Fédération nationale du personnel du secteur du commerce affilié au Snapap. Au lendemain de cette action, le Directeur du commerce a, dans une note datée de 25 mars, instruit 9 directeurs de région de mettre en œuvre l’instruction du licenciement des cadres ayant pris part à la grève du Snapap. Il a été également décidé d’opérer des ponctions sur salaires sur les grévistes. Une décision que le syndicat a qualifiée « d’atteinte à un droit constitutionnel, qu’est la grève ». « En guise de trouver des solutions concrètes et de les exposer aux hautes autorités, la tutelle inflige des sanctions aux grévistes », dénonce le syndicat. Mais la tutelle a fini par réhabiliter les cadres licenciés, ce qui aurait permis de « résorber la colère des travailleurs » qui promettent de se concerter et de décider des actions à entreprendre.
Pour la deuxième semaine consécutive, le Syndicat national autonome des inspecteurs du travail (SNAIT) a reconduit, de son côté, lundi, sa grève cyclique de trois jours afin de demander la révision du régime indemnitaire et du statut particulier des inspecteurs professionnels du secteur. « Un débrayage largement suivi », selon le syndicat.
Toujours dans l’attente d’une réaction de la tutelle, la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire a organisé, mercredi dernier, une journée de grève appuyée par des sit-in de protestation devant les directions de l’Education afin de revendiquer le règlement de leur situation dans un délai ne dépassant pas le 31 mars prochain. Leurs revendications s’articulent, principalement, autour de l’application du décret 14-266 fixant la grille indiciaire et le régime de rémunération du personnel du secteur avec effet rétroactif, la révision des programmes pédagogiques et le recrutement des superviseurs afin que l’enseignant se consacre à la tâche pédagogique. Ladite coordination promet, par ailleurs, de revenir à la charge si le MEN « campait sur sa politique de fuite en avant et d’atermoiement ».
Dans le secteur de la santé, trois organisations syndicales, à savoir le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) ont déposé un préavis de grève pour ce mercredi 7 avril.
Ces syndicats mettent ainsi leurs tutelles devant leur responsabilité de trouver un terrain d’entente et d’éviter de nouvelles perturbations dans les différents secteurs de la Fonction publique. La mission est loin d’être de tout repos. n