Par Milina Kouaci
L’ultimatum accordé par les anesthésistes de santé publique au ministère de tutelle expire aujourd’hui. Le syndicat organise, conséquemment à l’expiration de cet ultimatum, lundi, une assemblée générale afin de décider de la nature des actions à tenir dans les prochains jours.
L’organisation syndicale menace d’aller vers une grève nationale qui réduirait fortement les prestations dans les établissements de la santé. Ce débrayage en perspective viendrait, selon les auxiliaires, en réaction à la non-réponse de la tutelle aux revendications professionnelles. «Nous sommes usés par les promesses que la tutelle ne tient pas. Dans ce cas, les auxiliaires médicaux opteraient pour une grève nationale», apprend-on d’Amine Bendali, président du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie réanimation (Snaamarsp).
Cette perspective de débrayage peut, cependant, être amortie par la tutelle dans le cas où elle appelle à un dialogue avec les contestataires. Il faut rappeler, à cet effet, que le syndicat avait décidé d’organiser une grève nationale de trois jours les 21, 22 et 23 septembre dernier, mais des représentants du syndicat ont été reçus la veille du débrayage par le ministre de tutelle et la Commission centrale du ministère. Au cours de cette réunion, le ministre a promis de «prendre en charge les revendications socioprofessionnelles du syndicat, tandis que la commission centrale s’est engagée, pour sa part, à satisfaire et concrétiser quelques préoccupations du syndicat».
Au lendemain de cette rencontre, les auxiliaires médicaux se sont réunis et ont décidé le gel du mouvement de grève de trois jours et accordé un ultimatum d’un mois à la tutelle pour concrétiser ses promesses. «Mais aucune évolution n’a été enregistrée», regrette M. Bendali, qui fait part de la colère des AMAR.
Lundi prochain, les auxiliaires médicaux vont se réunir et trancher la décision de recourir à la contestation pour non-concrétisation de leurs revendications. Le ministère avait promis à cette corporation de satisfaire ses revendications, «mais rien n’a été fait», regrette le président du Snaamarsp.
Il y a lieu de rappeler que les revendications des AMAR tournent autour de la révision des statuts des auxiliaires anesthésistes. Le Snaamarsp réclame une couverture juridique, ainsi que la promulgation d’un statut particulier 11-235, l’établissement d’une nomenclature des actes, l’installation d’un Conseil de l’ordre des anesthésistes et de l’ouverture d’un institut national académique de l’auxiliaire médical en anesthésie-réanimation de santé publique avec une formation en externe (bac+5.
Il s’agit également de la revalorisation du diplôme de tous les AMAR, ainsi que la promotion de tous les auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique de la catégorie 12 à la 13 et de la 13 à la 14 sans conditions.
En tout cas, le secteur de la santé, toutes activités confondues, a besoin de sérénité en cette période où la pandémie, si elle se stabilise, ne peut point légitimer un quelconque relâchement.