Lors d’une conférence de presse, organisée, hier, au forum d’El Wassat, Abdallah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD), a appelé la classe politique et l’Armée à entamer un dialogue sérieux et où l’institution militaire doit être partie prenante de négociations pour une issue à la crise ».
Invité du forum d’El Wassat, Abdallah Djaballah s’est dit «préoccupé» par l’impasse politique «qui perdure et retarde dangereusement le retour à la stabilité politique, accroît les difficultés économiques et leur impact sur la situation sociale ». Il a estimé que «l’intérêt supérieur du pays commande que soit lancé, sans délai, ce dialogue salutaire pour établir une feuille de route consensuelle pour une sortie de crise». Cette impasse politique, dans laquelle se trouve le pays, et l’urgence d’un dépassement de cette situation investissent l’institution militaire d’une mission patriotique historique de facilitation, d’accompagnement, de garantie et de protection de la solution de la crise».
A une question sur les chances de réussite du dialogue, le responsable politique dira que «la poursuite des manifestations et du Hirak est la seule garantie qui puisse faire pencher la balance du côté des revendications populaires». «L’autre aspect sur lequel il est essentiel d’insister est la préservation du Hirak des tentatives de détournement des revendications légitimes des Algériens, sortis depuis le 22 février dernier», a-t-il averti. Continuant son intervention, l’invité dira que
« le moment est venu pour que s’ouvre un dialogue sérieux pour un grand compromis national qui prenne en considération les aspirations populaires».
Le pari difficile d’un candidat unique
Sur la question du candidat unique, le président du Front pour la justice et le développement voulait réunir l’opposition autour d’une candidature commune. Mais, force est d’admettre qu’il n’y a point d’élément plaidant en faveur de la réussite de cette mission. En effet, il a reconnu qu’il y a des difficultés auxquelles se heurte «l’initiative lancée par le conseil consultatif pour trouver un candidat de consensus et se mettre d’accord sur son programme électoral et sa feuille de route en matière de réformes à mener après le scrutin présidentiel». Toutefois, précise-t-il, « toutes les alternatives seront débattues lors des rencontres collectives ». Evoquant les propositions de sortie de crise suggérées par le mouvement associatif, les étudiants, les académiciens, il a estimé que cette diversité reflète la dynamique et l’intérêt de toutes les catégories de la société à trouver une issue à la crise et à y contribuer activement.
Enfin, il n’a pas manqué de rappeler l’initiative du 6 juillet dernier, qui était, selon lui, « un premier pas pour la résolution de la crise politique en Algérie ».