Le président du parti du Front du changement, Abdelmadjid Menasra, était hier à Boumerdès pour expliquer aux militants et aux sympathisants le processus d’alliance concocté avec le MSP qui font désormais une seule formation politique qui prônaient, faut-il le rappeler, la même l’idéologie islamiste.

« C’est à l’issue d’une longue démarche de contacts et de discussions que nous avons abouti à cette fusion qui est en réalité un retour aux sources de ces deux formations politiques », développera-t-il, en ajoutant que cette union met fin aux divisions, à la marginalisation et à l’exclusion, qu’a vécues la scène politique en Algérie.
Il expliquera qu’il est question « d’une alliance mûrie et réfléchie qui a été préparée depuis 40 mois ». « Nous n’avons rien fait dans la précipitation, il y a eu beaucoup de débats, de concertation et aussi de concessions avant d’aboutir à cette alliance », a-t-il indiqué avant de soutenir qu’il ne s’agit aucunement d’une « alliance conjoncturelle ». « Il s’agit d’une alliance stratégique que l’on veut voir durer dans le temps » explique-t-il à l’assistance tout en soulignant que « cette alliance n’est pas non plus dictée par les seules élections ». Dans ce sillage, le président du FC a annoncé dans un point de presse qu’un congrès extraordinaire consensuel aura lieu en mai 2017 pour l’intégration officielle du Front du changement au sein du MSP. « Le projet en question sera réalisé en deux phases.
Il débutera avec l’installation d’une direction tournante durant la période transitoire d’une année, soit de mai 2017 à mai 2018, puis la tenue d’un congrès ordinaire qui va consacrer, en mai 2018, ultime étape, cette fusion sous la bannière du MSP. » Des listes communes seront établies en prévision des élections législatives prochaines pour donner à cette fusion un sens concret avant qu’elle ne devienne officielle à l’issue d’un congrès ordinaire du MSP prévu l’année prochaine, explique-t-il. Acceptée et mise en route par les instances dirigeantes du MSP et du FC, notamment les conseils consultatifs, cette fusion va incontestablement, renforcer le « le nouveau MSP » à la veille des élections législatives. Dans ce cadre, il appellera le pouvoir « à fermer toutes les portes à la fraude et ouvrir celles du changement à travers les urnes libres et transparentes ». Menasra n’écarte pas la participation de son « nouveau » parti au gouvernement, mais cela est conditionné par les résultats des élections. Tout en appelant à des élections libres et transparentes, Menasra a soutenu la nécessité « de préserver la stabilité du pays en rappelant que seule la légitimité des urnes compte aujourd’hui ». Il a insisté sur l’importance de «réaliser le développement, améliorer les conditions socio-économiques à la lumière de la chute des prix du pétrole, de protéger le pouvoir d’achat, les libertés individuelles et collectives, la liberté d’expression et les droits des travailleurs et de lutter contre la corruption et le clientélisme». M. Menasra n’a pas manqué de saluer les conclusions d’alliance entre les différents partis de l’opposition, «à condition qu’elles soient positives sur la scène politique», a-t-il ajouté. Se revendiquant de l’héritage politique du défunt Mahfoud Nahnah, Menasra a expliqué qu’il est impératif de contracter des alliances en vue de peser dans l’échiquier politique national. Pour une «meilleure» représentation islamiste parlementaire dans la prochaine législature, le Front estime que « l’alliance est vitale ».