Nul ne pourrait le nier, le ramadan de cette année arrive dans de bien meilleures conditions
que celui de l’année dernière survenu en pleine pandémie de coronavirus.

PAR INES DALI
En effet, en 2020, cela faisait à peine deux mois que le coronavirus faisait son entrée en Algérie et on ne savait encore pas exactement comment ni quoi faire contre ce mal qui devenait planétaire et qui ne semblait déjà pas vouloir s’arrêter de sitôt.
Le confinement total ou partiel était appliqué à pratiquement toutes les wilayas du pays. Mais la wilaya la plus touchée était celle de Blida. C’est là où avaient été détectés les premiers cas de Covid-19 avant de se propager aux autres contrées du pays. Elle était alors devenue foyer de la pandémie et un confinement total a dû y être décrété. Dans la capitale et autres wilayas, le couvre-feu débutait à 17 heures. Seuls les commerces des produits alimentaires étaient autorisés, les lieux de culte et de détente étaient fermés…
Une année après, la situation du pays par rapport à la maîtrise de la gestion de la pandémie a nettement évolué et des améliorations en la matière sont irréfutables. En effet, même si cette année le ramadan intervient encore sous le signe de Covid-19, force est de constater qu’en un an beaucoup de choses ont changé. L’année dernière, au début du mois sacré, on en était encore à chercher masques, bavettes et gel hydroalcoolique dont les prix n’avaient bien sûr pas échappé à la spéculation. Les promesses de les rendre accessibles à tous et à des prix raisonnables se sont bel et bien réalisées. Aujourd’hui, cela ne fait plus partie des soucis qui étaient venus s’ajouter aux tracas quotidiens des Algériens. Les horaires de couvre-feu ne sont plus ce qu’ils étaient et les restrictions de moins en moins contraignantes, grâce à une série de mesures prises et à de nombreux sacrifices consentis ayant conduit à la stabilité de la situation épidémiologique que le pays connait actuellement.
La situation s’est améliorée sur tous les plans en dépit du fait qu’une bonne partie de la population n’est pas très soucieuse du respect des mesures de prévention et des gestes barrières et qu’une autre partie fait preuve d’un relâchement total, rappelant un peu le déni de cette maladie de Covid-19 à ses débuts. Pourtant, tous les citoyens veulent retrouver une vie normale, mais bon nombre feigne d’ignorer que, justement, le retour à cette vie normale est tributaire de l’engagement de tout-un chacun dans cette lutte contre la pandémie de Covid-19 qui est toujours là, présente partout et dictant sa loi.

Marchés des fruits et légumes, des lieux à risques
Les scènes de désolation observées l’année dernière notamment dans les marchés de fruits et légumes durant le ramadan ne devraient plus faire partie du décor de la vie quotidienne en ce sens où cela constitue un véritable danger pour la santé des citoyens vu la proximité qui y règne, sachant que le coronavirus continue de circuler parmi nous. Il y a également les deux variants britannique et nigérian qui sont en train de se propager et dont il faut en tenir compte loin de tout satisfecit excessif.
L’amélioration de la situation épidémiologique n’est pas synonyme de désengagement et de laisser-aller, et ce alors que des pays développés et ayant atteint des seuils de vaccination bien plus élevés sont submergés par une troisième vague de Covid-19 et sont en train de retourner à des confinements sévères. En tous les cas, c’est ce à quoi tentent de sensibiliser les professionnels de la santé tout en reconnaissant la stabilité de la situation épidémique mais en demandant aux citoyens de garder un œil sur ce qui se passe ailleurs pour ne pas tomber dans les mêmes travers.
Tant que la vaccination n’a pas atteint la vitesse de croisière souhaitée, il serait très risqué de se hasarder à ignorer les gestes barrières surtout, faut-il le rappeler, que les deux variants détectés actuellement en Algérie continuent de se propager. Hier encore, le président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, le Pr Kamel Sanhadji, a relevé la nécessité d’accélérer le rythme de la vaccination et de prendre de vitesse le virus pour pouvoir stopper sa propagation et faire en sorte qu’il ne puisse pas avoir la possibilité de muter et de contourner la réponse immunitaire.