Le comité de suivi des décisions de l’Accord d’Alger, composé de pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de pays producteurs non-membres de l’Opep, a débuté, hier, dans le sillage d’une semaine marquée par une « bonne tenue des prix du pétrole » , et ce, malgré l’investiture du président élu américain Trump, l’homme du « schiste », qui a fait douter marchés pétroliers et analystes. Or, sur cette question précisément, c’est le wait and see, ou, comme l’explique Francis Perrin, directeur de la revue Pétrole et Gaz arabes, les marchés pétroliers ont été échaudés par les intentions et déclarations et réagissent de plus en plus aux actes : les pays producteurs Opep et non-Opep signataires de l’Accord d’Alger sur la réduction de la production de pétrole ont agi et affiché tout le sérieux qu’attendaient d’eux les marchés. Certes, « la nouvelle administration américaine a mis en tête de ses priorités l’énergie avec l’annonce d’un plan, visant essentiellement à augmenter la production de pétrole et de gaz naturel non conventionnels aux États-Unis, afin d’aller vers une indépendance pétrolière et énergétique grâce à la réduction du poids des réglementations fédérales, en particulier des réglementations environnementales », affirme M. Perrin, qui préfère s’attarder sur les faits.

« Le Brent de la mer du Nord coté à Londres (contrat de mars) a terminé la semaine à plus de 55 dollars le baril, ce qui est un assez bon résultat pour les pays producteurs Opep et non-Opep dans le contexte actuel». Rappelant que « les accords de réduction de la production conclus le 30 novembre (Opep) et le 10 décembre (plusieurs pays non-Opep) continuent à soutenir les prix du brut avec le début de leur application au 1er janvier 2017 et celle-ci semble plutôt bonne pour ce qui concerne les pays membres de l’Opep ». D’autre part, il contextualise la conjoncture actuelle faite de la baisse des stocks pétroliers aux Etats-Unis – malgré une hausse des stocks de brut – et du fait que les raffineries chinoises, deuxième consommateur mondial de pétrole, tournent à plein régime, qui, à leur tour, «contribuent également à cette bonne tenue des cours de l’or noir ». « Certes, un prix de l’ordre de 55 dollars le baril n’est pas très élevé pour les producteurs mais cela représente un gain de près d’une dizaine de dollars par baril depuis la dernière Conférence de l’Opep, ce qui est loin d’être négligeable», ajoute-t-il. Il est vrai, beaucoup parmi les pays producteurs souhaitent un baril à 60 dollars, tel que défendu par le ministre de l’Energie,
M. Boutarfa, voire à 70 dollars, un niveau de prix très souhaité par le président vénézuélien Nicolas Maduro, afin de faire face à la « ruine » économique interne du pays. A ce stade, un prix à 55 dollars le baril relève de la prouesse. « Compte tenu du fait que, depuis 2014, il y a trop de pétrole sur le marché mondial, que les stocks pétroliers sont surabondants et que les producteurs de pétrole non-conventionnel aux États-Unis restent en embuscade, ce n’est pas si mal », étaie M. Perrin. Une chose est certaine, « l’évolution des prix du brut depuis le 30 novembre 2016 valide la stratégie actuelle de l’Opep après le tournant de l’Accord d’Alger le 28 septembre 2016 ».