La France a enregistré plus de 100.000 demandes d’asile l’an dernier, selon les chiffres définitifs publiés lundi par l’Ofpra, qui confirment un bond des dossiers albanais, bien devant les pays en crise comme l’Afghanistan ou la Syrie.

Au total 100.755 demandes ont été enregistrées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), un nombre en hausse de 17,5% par rapport à 2016, selon le rapport annuel de l’Office. Un «cap symbolique» a été franchi, «sans que cela constitue un afflux massif», a assuré Pascal Brice, directeur général de l’Ofpra, en conclusion d’un rapport publié juste avant l’examen à l’Assemblée nationale d’un projet de loi controversé «asile-immigration». Les premières demandes (hors mineurs et réexamens) se sont établies à 73.802, selon ce document. La demande des ressortissants albanais a bondi à 12.131 dossiers au total (mineurs et réexamens compris), soit une hausse de 60% en un an, après avoir déjà doublé l’année précédente. Ce phénomène, attribué en grande partie à des motivations économiques, a connu «un infléchissement au second semestre», selon l’Ofpra. Mais il inquiète le gouvernement, qui a inclus plusieurs mesures pour décourager les demandes abusives dans son projet de loi, au risque, selon les associations, d’une réduction des droits. Viennent ensuite l’Afghanistan (6.671 demandes), la Syrie (5.824), Haïti (5.744) – qui concerne surtout la Guyane française -, et le Soudan (4.823). Autre confirmation : la forte progression des pays d’Afrique de l’Ouest et francophone dans la demande, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé (3.745), des Guinéens (+50% à 4.292) et des ressortissants de République démocratique du Congo (4.228). Le début de l’année 2018 est marqué par une «baisse importante de la demande albanaise, un ralentissement de la demande haïtienne et une hausse marquée de la demande géorgienne», a indiqué M. Brice. Si l’on ajoute à ces chiffres les migrants ayant déposé un dossier en préfecture mais relevant d’un autre pays européen aux termes de la procédure dite «de Dublin», la demande atteint 121.200 dossiers au total, selon le ministère de l’Intérieur. La procédure Dublin représente désormais «36% de la totalité de ces demandes d’asile».