Le Canard Enchaîné et le Parisien livrent de nouvelles révélations, un feuilleton que les Français semblent suivre avec assiduité.

Malgré de nouvelles autres révélations sur des emplois présumés fictifs de son épouse, le candidat de la droite pour la présidentielle d’avril-mai, François Fillon ne se résigne pas et continue sa campagne après avoir «convaincu» ses partisans qu’il n’y a pas de «Plan B» à sa candidature. Au moment où il a publié mercredi matin une lettre aux Français dans Ouest-France, une autre action de sa stratégie contre-offensive médiatique, qui s’avère compliquée, Le Canard Enchaîné et le Parisien livrent de nouvelles révélations, un feuilleton que les Français semblent suivre avec assiduité compte tenu de l’augmentation ces jours-ci, des ventes de certains titres. Dans son édition de mercredi, Le Canard  Enchaîné indique que l’épouse Penelope Fillon a perçu 45.000 euros d’indemnités de licenciement payées par l’Assemblée nationale, ajoutant que les enquêteurs n’ont trouvé «aucun indice matériel» de son travail. Pour sa part, le Parisien explique que la concernée a exercé deux emplois à temps plein entre les mois de juillet 2012 et décembre 2013, en sa qualité d’employée à la Revue des deux mondes et de collaboratrice parlementaire de son mari. Le candidat de la droite à la présidentielle a encore une fois réfuté ces «mensonges» en livrant «sa vérité» des faits aux Français, leur indiquant qu’il a décidé de «ne rien céder aux intimidations et aux pressions». Même si son entourage dénonce cet «acharnement» et ce «lynchage», François Fillon ne semble toujours pas réussir à sortir de la tourmente dans laquelle il est embourbé depuis les premières révélations du Canard Enchaîné suivies par l’enquête entamée par la justice. Au sein de la droite, tout laisse indiquer qu’à deux mois de l’élection présidentielle, le temps n’est pas favorable à un changement de candidat, sinon ce sera «déroute» de cette famille politique qui, pourtant, se voyait en novembre dernier bien placée pour prendre les règnes du pouvoir (présidence et législatives). Plusieurs responsables et figures politiques de la droite ont exprimé, à travers des médias, leur conviction que leur candidat est le seul à pouvoir battre la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, que les sondages donne d’ailleurs qualifiée pour le second tour. Pénalisé par ce scandale, François Fillon serait éliminé au premier tour de l’élection présidentielle, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron, selon un sondage Opinionway publié mardi. Nouveau venu dans la sphère politique, l’ancien ministre de l’Economie, fondateur du mouvement «En Marche !», qui se veut ni de droite ni de gauche, est donné par le même sondage vainqueur au second tour avec 66% des voix contre 34% à Marine Le Pen. Pour François Fillon, même si, au sein de son parti, la fronde a quelque peu baissé la garde et le moment est au resserrement des rangs, la perte de sa crédibilité commence à être effritée et gagner l’opinion française. C’est ce qui explique, en quelque sorte, le fait qu’il soit hué mercredi dans un déplacement «houleux» à Troyes (Nord-est), selon des médias. Toutefois, nombreux sont les observateurs qui estiment qu’avec son «entêtement» de ne pas céder à la pression, en raison d’une légitimité tirée d’une élection, le candidat de la droite va «droit au mur», a moins qu’il ne soit capable de remonter cette pente et reconquérir la confiance de son électorat.