Le président français Emmanuel Macron a demandé hier « pardon » au nom de la France aux harkis. Il a, dans ce sens, annoncé le vote d’une loi de reconnaissance pour répondre aux « manquements » de son pays à ces personnes qui ont combattu aux côtés de l’armée française durant la lutte armée menée par les Algériens contre l’occupant français.

Synthèse Feriel Nourine
Une déclaration attendue depuis longtemps, au vu de l’offensive tous azimuts menée depuis longtemps par les harkis et leurs représentants pour demander réparation à l’offense socio-économique dont ils disent être victime sur le sol français.
Attendue, mais qui semblait, elle aussi, attendre son heure, et surtout l’opportunité pour être annoncée, à savoir l’approche des élections présidentielles en France prévues pour 2022. Sur ce registre, Macron pourra aspirer à un second mandat présidentiel en espérant compter sur les voix d’une communauté de harkis et leurs ascendants estimés à plusieurs centaines de milliers de personnes en France. Ces derniers constituent une force électorale néanmoins courtisée par le Rassemblement national (extrême droite) et la droite, à l’approche de la présidentielle d’avril 2022.
« La générosité électorale d’Emmanuel Macron ne réparera pas des décennies de mépris » a vite riposté hier la patronne de l’extrême droit Marine Le Pen dans un tweet.
« Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance ; nous n’oublierons pas. Je demande pardon, nous n’oublierons pas », a déclaré le président lors d’une cérémonie d’hommage au palais de l’Elysée, en présence d’anciens harkis, de leurs descendants, de responsables d’associations et de personnalités.
La loi annoncée commencera par un projet qui sera présenté avant la fin de l’année « visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l’égard des harkis », a-t-il promis, ajoutant que « l’honneur des harkis doit être gravé dans la mémoire nationale ».
Il a appelé à « panser les plaies » qui doivent être « fermées par des paroles de vérité, gestes de mémoire et actes de justice ».
Emmanuel Macron, en demandant pardon au nom de la France aux harkis, estimant que le pays avait « manqué à ses devoirs » à leur égard, va ainsi plus loin que son prédécesseur François Hollande.
En septembre 2018, la secrétaire d’Etat aux Armées Geneviève Darrieussecq avait présenté un «plan harkis» comprenant le déblocage de 40 millions d’euros sur quatre ans pour revaloriser les pensions des anciens combattants et venir en aide à ceux de leurs enfants qui vivent dans la précarité.
La demande historique de pardon du président français survient cinq jours avant la journée nationale d’hommage aux harkis, qui est célébrée tous les 25 septembre depuis 2003, notamment dans le sud de la France où ils sont très présents. n