Plusieurs milliers de soignants ont commencé mardi à manifester dans plusieurs villes de France pour réclamer davantage de moyens en faveur de l’hôpital public et de l’ensemble du système de santé et rappeler le gouvernement à ses promesses faites au plus fort de la crise du coronavirus. A Paris, de nombreux infirmiers, aides-soignants, médecins, brancardiers, aides à domicile, mais aussi quelques gilets jaunes, étaient rassemblés près du ministère de la Santé derrière une banderole «Il est urgent d’agir», a constaté un journaliste de l’AFP.
Certains portaient des pancartes «Hôpital asphyxié / I can’t breathe», une référence au mouvement «Black lives matter», d’autres dénonçaient les concertations en cours sur les salaires et l’organisation du système de santé. Lancées fin mai, celles-ci, baptisées le «Ségur de la santé», du nom d’une des avenues bordant le ministère), doivent concrétiser d’ici à début juillet le «plan massif d’investissements et de revalorisation» promis par Emmanuel Macron.
Partout en France, plus de 220 rassemblements étaient prévus dans le cadre de cette journée d’action nationale, organisée à l’appel d’une dizaine de syndicats et de collectifs de soignants. Objectif : mettre à profit le soutien engrangé auprès de la population pendant la crise sanitaire afin d’obtenir des avancées pour les salariés des hôpitaux et des maisons de retraite, salués comme des «héros en blouse blanche» par le chef de l’État au début de l’épidémie. «On ne veut pas de médailles ou de petites primes à la sauvette, on veut un salaire à la hauteur de ce que nos métiers apportent à la société», a ainsi expliqué Clara Grémont, une aide-soignante près de Montpellier (sud).
A Paris, le numéro un de la confédération syndicale CGT, Philippe Martinez, a réclamé «une revalorisation des salaires et la reconnaissance des qualifications», ainsi que «l’ouverture de lits, l’embauche de personnel». «Il faut absolument que les réponses soient à la hauteur des attentes», a estimé son homologue du syndicat FO, Yves Veyrier.
Le coronavirus a fait quelque 30.000 morts en France depuis mars et les soignants et les membres du personnel hospitalier ont été en première ligne et durement éprouvés, mais la crise sanitaire n’a fait que mettre en valeur une situation déjà très dégradée depuis de nombreuses années à l’hôpital. n