Puisque la fin de saison ne pourra de toute façon pas se dérouler comme elle le devait, le huis clos reste, selon le journaliste Martin Mosnier, la solution à privilégier si, et seulement si, les conditions sanitaires le permettent. Et pas seulement pour des raisons économiques. La saison 2019-2020 est foutue. Quoiqu’il arrive dans les semaines qui viennent, cet exercice restera celui du coronavirus. Le sacre du champion n’aura pas la saveur escomptée et les conséquences sportives de la saison apparaîtront bien annexes au regard du contexte dans laquelle elle s’est jouée. Voilà pour l’évidence. Mais il faut la sauver quand même. Si les conditions sanitaires le permettent, et c’est un prérequis absolument indispensable et indiscutable, tout doit être mis en œuvre pour achever une saison même pourrie par ce fichu virus.

Il vaut mieux du foot sans supporter que pas de foot du tout
Je ne suis pas président de Ligue 1, je ne prêche pour aucune paroisse, je n’ai aucun club à sauver des eaux. J’aime les stades remplis à ras bord et les ambiances à vous filer des acouphènes pendant des heures. Et on peut comprendre le mouvement ultra qui ne veut pas entendre parler d’une reprise sans gradins remplis. Mais, en cet fin d’exercice si particulière, il vaut mieux du football sans supporter que pas de football du tout. Il n’est pas question ici de survie financière. Même si l’argument doit être écouté. Bien sûr la Ligue 1 paie aujourd’hui ses erreurs d’hier. Est-ce une raison pour la condamner ? Une annulation pure et simple de la fin de saison ferait de terribles ravages dans ses rangs que le huis clos amortirait assez nettement. Et ajouter à la crise qui s’annonce (sponsoring en berne, billetterie amorphe, mercato atone) l’absence de droits TV pourrait même être fatale à certains clubs de l’élite. Mais là n’est pas l’argument central de mon propos. Au-delà de l’argument strictement économique, je continue de croire qu’un championnat qui va à son terme, même dans des conditions particulières, sera plus juste et plus acceptable qu’un championnat qui fait une croix sur plus d’un quart de ses journées.

Ce n’est pas une question de droits TV mais d’équité
Jouer à huis clos est inéquitable parce que Geoffroy-Guichard et le Vélodrome donnent un élan bien plus fort que le stade Louis II. Jouer tous les trois jours est inéquitable. Parce que Nîmes, Dijon et Amiens, tous candidats au maintien, ont des effectifs bien moins étoffés que celui de Saint-Etienne, 17e, qui fut construit pour jouer l’Europe et donc, en milieu de semaine. Mais arrêter les débats à la mi-mars, c’est impensable. Parce qu’avoir joué une ou deux fois le PSG dans une même saison, par exemple, ce n’est pas du tout la même limonade. Et aussi et surtout parce que les règles de départ étaient claires et équitables : toutes les formations s’affrontent deux fois. n