Ce vendredi 5 mai ne fut pas un jour ordinaire au consulat d’Algérie à Toulouse. Et pour cause, l’ambassadeur d’Algérie (et de la Principauté d’Andorre et de Monaco), M. Abdelkader MESDOUA avait rendez-vous avec la communauté algérienne d’Occitanie, à l’invitation de M. le Consul d’Algérie

Dans le sillage du dernier découpage de l’Hexagone français, la communauté algérienne était fort nombreuse à répondre à l’invitation de M. Le Consul d’Algérie de Toulouse, en la personne de M. Hamid Khodja et de M. l’Ambassadeur d’Algérie en France, M. A. Mesdoua.
Présence nombreuse, ambiance dense et retrouvailles pour beaucoup. On était venu de Toulouse, du département de Haute-Garonne, de l’Aude, de Montauban, du « lointain » Languedoc-Roussillon. De l’Héraut, des Pyrénées Orientale,.. Bref d’un vaste espace entre les Deux mers (des rivages de l’Atlantique aux grèves de la Méditerranée). Dans ces espaces de la République française, le mécontentement populaire provoqué par les coupes du redécoupage décidé par le gouvernement socialiste sortant n’est pas encore retombé… Paradoxalement, on peut relever un motif de satisfaction pour la communauté algérienne qui se retrouve et se découvre de façon plus ample.
D’entrée de jeu, M. l’ambassadeur de la RADP en France qui avait pris ses fonctions tout récemment avait annonçait la couleur sous laquelle devait se dérouler cette rencontre- assez inédite- avec les représentants de la communauté algérienne.

Pour les interventions après l’introduction synthétique de l’Ambassadeur, devaient obéir au principe de la parité …
Dans la salle, El Djazaïr, aux dimensions, sommes toutes modestes, du Consulat de Toulouse, on peut dire que les femmes ont marqué globalement cette rencontre. L’assemblée brillait par sa diversité : universitaires, chercheurs, chefs d’entreprise, mouvements associatifs pluriels, de nationalité française ou résidents, chercheurs d’emploi, etc. Ils avaient tous en bandoulière et au cœur leur appartenance algérienne dans toute sa diversité.
M. L’ambassadeur, Abdelkader Mesdoua, en marge de son déplacement à Toulouse, a eu l’opportunité de présenter ses lettres de créance en Andorre et de rencontrer des membres de la communauté nationale établie au niveau de la Principauté.
A Toulouse, la rencontre avec la communauté algérienne s’est déroulée, selon la formule de l’ambassadeur sous le signe d’un « dialogue de la vérité ». Ce dernier a pris récemment ses fonctions. Tout en récusant la langue de bois, il convia l’assistance à aller au fond des choses et des dossiers. Jeune représentant de la nouvelle génération de l’indépendance, maniant avec aisance la langue nationale autant que la langue française, tout en mettant en exergue les progrès de la langue tamazight, M. Mesdoua a tenu à évoquer les contours de l’Algérie contemporaine et des défis auxquels elle était confrontée, en particulier après la chute des cours du prix du pétrole.

Retrousser les manches
Selon lui, l’œuvre de construction nationale se poursuivait avec constance, tant dans l’éducation nationale, les infrastructures, la culture et le domaine social. A cet égard, il a mis en exergue l’énorme effort fourni par la nation en matière d’habitat sous toutes ses formes ainsi que l’aide à la création des micro-entreprises. Après un tour d’horizon de l’ambassadeur, il a plusieurs reprises indiqué que ses propos n’entraient dans aucun agenda électoral… Le débat fut ouvert par ses soins, veillant rigoureusement à donner la parole au plus grand nombre d’intervenants. Tous les dossiers qui intéressent au premier chef la communauté algérienne firent l’objet d’interventions. Aide aux associations, les jumelages entre villes de France et d’Algérie, les relations bilatérales Algérie-France. Bien entendu, Air Algérie et ses tarifs ne manqua pas d’être au cœur de certaines interventions. Un sujet répétitif qui intéresse les larges franges de la communauté algérienne. Ainsi en fut-il aussi du développement du tourisme en Algérie. Pour l’ambassadeur algérien, dans ses répliques et éclaircissements, on percevait que son message central était de faire entendre et comprendre que l’Algérie des années 2000 avait entamé une mue et un remarquable essor au diapason de la modernité, tant au plan de l’économie nationale que du rapport au monde. Le socialisme étriqué, dira-t-il n’est plus à l’ordre du jour. L’économie de marché faisant loi… Seuls trois principes restent intangibles : le pays, les institutions et les hommes en charge des missions nationales. Avec force, M. Abdelkader Mesdoua lancera à l’assistance : vous avez toute l’autorité de juger mon action mais non de jauger la légitimité de ma fonction… Une parole, applaudie par l’assistance. Nous sommes embarqués dans un destin commun. Il nous faut retrousser les manches. A l’attention des associations, il dira une association doit trouver les moyens de son action et non s’en remettre à la mendicité. .. Rappelant les initiatives prises depuis qu’il était à la tête de l’Ambassade d’Algérie, il en citera plusieurs qui ont valeur de symboles ; telle le regroupement des Chibanis à l’ambassade en manière de gratitude de l’Algérie à ses enfants. Il n’y a pas si longtemps, on frôlait l’ambassade d’Algérie, comme si on en avait peur. Aujourd’hui, on peut affirmer que l’ambassade d’Algérie est la maison ouverte des Algériens : recherche et soutien aux artistes (ONDA) , aux chercheurs, aux entrepreneurs , aux innovateurs algériens en France.

« Je vais mourir sans avoir transmis à mon pays mon expérience »
Comme pour illustrer le déni opposé jusque là à ces Algériens qui résident à l’étranger et qui y ont réussi, M. Haddad parlera avec une émotion… de son cas. Leader d’une entreprise qui fournit des pièces à l’aéronautique et au spatial français, cela fait près de trente ans qu’il frappe en vain à la porte d l’Algérie pour faire fructifier son pays de son expertise de ses acquis. « Je vais mourir sans avoir transmis à mon pays mon expérience », confiera-t-il à haute voix. A l’exemple de ce dernier, on entendra des médecins, des universitaires, étudiants, femmes et hommes de valeur et de talent, illustrer ce paradoxe désolant. On entendra la voix d’Amokrane du groupe Zebda qui rappellera que le prolifique Slimane Azem était inhumé à Moissac et qu’un square y porte son nom … D’autres points qui concernent sphériquement la vie courante des membres de la communauté ont été passés en revue, tel l’Elco, enseignements de langue et de culture d’origine , devenu suspect aux yeux des autorités françaises qui craignent les retombées d’une dérive communautariste…Tout en mettant en exergue le fait que la loi française prédominait sur toute autre considération, l’ambassadeur a souligné qu’une concertation était en cours entre les deux pays pour l’enseignement de l’arabe et du tamazight .Pour le sujet sensible d’Air Algérie, M. Abdelkader Mesdoua, a donné la parole au représentant de l’Agence à Toulouse qui a évoqué les nouveaux choix de réservation et de vente de billets par voie informatique…Pour des points consulaires, ce fut le consul de Toulouse , M.Hamid Khodja qui apporta l’assistance les éclaircissements nécessaires (tel , en particulier, le cas de mariage avec un conjoint d’origine étrangère).

Par devers les accidents de la géographie et de l’histoire
Un débat de vérité, une rencontre appréciée par les participants, inédite et prometteuse, selon les engagements et les projets évoqués par l’ambassadeur – , dans une ambiance à la fois chaleureuse et exigeante. Conclue même par un « one, two, three, Viva l’Algérie »… Poursuivi dans le bel mais exigü jardin du consulat avec un supplément d’échanges avec M. M. Abdelkader Mesdoua faisant montre d’une patience, disons, fort diplomatique, comme l’exige l’art de son métier. Une charge souvent limitée dans le temps qu’il a eu la franchise d’évoquer. .. M. Abdelkader Mesdoua ? Un enfant du petit peuple comme il ne manqua pas de le souligner, qui dans son enfance ne savait après déjeuner, s’il y aurait à souper le soir pour la famille. Un enfant du petit peuple qui a franchi les portes de l’ENA, que l’Algérie indépendante a hissé au poste diplomatique le plus prestigieux de son pays. Ce qui l’engage et le motive fortement. Ainsi, à l’occasion de son déplacement à Toulouse, l’ambassadeur d’Algérie en France, M. Abdelkader Mesdoua, a rendu une visite de courtoisie au maire de la ville, M. Jean-Luc Moudenc. Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les perspectives de la coopération décentralisée dans divers domaines, notamment la culture, l’enseignement supérieur, l’aérospatial et la santé. Le temps d’un après-midi à la météo mitigée, à Toulouse, l’ambassadeur a fait sentir aux présents qu’il appartenait effectivement à cette fameuse communauté algérienne en dépit de par devers tous les accidents de la géographie et de l’histoire…  Et chacun, sans doute, est reparti un peu plus revigoré auprès de son rêve algérien.
M. Abdelkader Mesdoua est co-auteur d’une étude sur la Méditerranée intitulée «Voies et Moyens de la Sécurité en Méditerranée perçue par les Pays du Sud » publiée par la Revue de la Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques (juin 1995).