Par Fanny CARRIER
C’est la Belaïli-mania! L’arrivée à Brest, en championnat de France, de Youcef Belaïli, idole en Algérie, suscite l’enthousiasme bien au-delà de la Bretagne, même si le club attend l’ailier d’abord sur le terrain, si possible dès le derby dimanche à Rennes (17H00). «Félicitations à Brest, vous avez 45 millions de fans en plus». Cette réaction d’un internaute sur le compte YouTube du club résume assez bien la folie qui entoure la venue dans le Finistère, à l’extrême ouest de la France, du joueur de 30 ans, engagé jusqu’à la fin de la saison — «et plus si affinités» selon le directeur sportif Grégory Lorenzi –, pour compenser le départ de Romain Faivre à Lyon. Mais si l’Algérien, qui était libre avec la fin d’un contrat de 18 mois au Qatar, affiche profil bas, calme et souriant, le club ne s’attendait pas à la déferlante de ses fans. Lui qui compte 2,9 millions d’abonnés sur Instagram a fait exploser les comptes du club sur les réseaux sociaux. Lundi, avant les premières rumeurs sur les contacts entre Brest et le chouchou du public algérien, le club comptait moins de 450.000 abonnés sur l’ensemble de ses comptes. Désormais, il flirte avec les deux millions. Le seul compte Facebook est passé de 144.000 à plus d’un million d’abonnés. Chaque publication fait désormais l’objet de nombreux commentaires en arabe où se juxtaposent drapeaux bretons et algériens, où le logo de Brest est revisité aux couleurs de l’Algérie. Au point de déstabiliser certains supporters bretons… Au-delà du monde virtuel, le club assure avoir enregistré «beaucoup» de commandes de maillots sur sa boutique internet, sans être en mesure de donner de chiffres dans l’immédiat. Et la présence de Belaïli pourrait attirer du monde en tribune. Touhami Kachour, étudiant en langue et civilisation arabes de 23 ans à Clichy-sous-Bois, en région parisienne, a ainsi déjà noté des dates pour aller le supporter. Très vite identifié comme une pépite en Algérie, Belaïli a eu une carrière compliquée, avec deux années de suspension pour prise de cocaïne en 2015-2017, suivie d’un échec en championnat de France à Angers (septembre 2017-janvier 2018). Ce natif d’Oran a en revanche connu le succès en Algérie, en Tunisie, en Arabie saoudite, au Qatar… et en sélection. Il a été l’un des héros des titres à la CAN-2019 (2 buts) et en Coupe arabe en décembre (2 buts, 2 penalties provoqués). La vidéo de son but d’anthologie face au Maroc en quart de finale de Coupe arabe, avec un contrôle poitrine et une demi-volée retournée à 45 mètres, a fait rêver les supporters brestois. Pas de quoi dérider l’entraîneur brestois Michel Der Zakarian pour autant. Vendredi, l’entraîneur brestois n’a pas caché sa déception d’avoir perdu Faivre: «Ce n’était pas prévu qu’il parte. C’est la volonté du président de récupérer le transfert». Et Belaïli ? «Je ne suis pas un homme des réseaux sociaux. Tant mieux pour lui s’il a beaucoup de gens qui le suivent. Moi ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il va nous faire sur le terrain». «Je sais qu’il a les capacités pour dribbler, pour donner des bons ballons, pour finir aussi. A nous de le mettre à un bon niveau physique», a-t-il ajouté, expliquant que l’intensité de la Ligue 1 était sans commune mesure avec le championnat qatari. L’intéressé a lui-même reconnu que la L1 était «physique», tout en assurant: «Pour Brest, Inch’Allah, je vais jouer pour marquer des buts et donner tout pour le groupe». Pour dimanche, le club n’a pas encore reçu la confirmation de sa qualification par la ligue. (Source Afp