Le plan d’action arrive dans un contexte de fragilisation des positions financières internes et externes, traduite essentiellement par la fonte des réserves de change, du creusement de la balance des paiements, de la hausse des dépenses et de l’amenuisement des ressources en dinar, à l’heure où la croissance connait un net recul et le chômage pourrait rebondir fortement eu égard au marasme dans lequel se sont empêtrées de nombreuses filières industrielles, dont le BTPH, les industries de l’électronique et de l’électroménager, l’automobile…

Le gouverneur de la Banque d’Algérie a levé une partie du voile, dimanche, sur l’état des positions financières externes, indiquant que les réserves de change du pays ont chuté à 62 milliards de dollars, soit une perte de plus de dix milliards de dollars en moins d’une année et de 132 milliards de dollars depuis la mi-2014, date durant laquelle le marché pétrolier a connu une de ses pires retournements de situations depuis toujours.
Cet indicateur témoigne du creusement des déficits extérieurs, à savoir le déficit de la balance des paiements, qui sont à l’origine directe de la fonte accélérée du stock de l’Algérie en devises, placé en bons de Trésor dans les banques souveraines américaines et européennes. Cette annonce a été faite alors qu’Abdelmadjid Tebboune réunissait ses ministres pour la troisième fois en Conseil des ministres. A l’issue de cette réunion, les urgences économiques ont été renvoyées à une date ultérieure. Hier, la présidence annonçait la tenue d’un Conseil des ministres extraordinaire prévu pour aujourd’hui et dont le menu sera dédié exclusivement à l’examen du plan d’action du gouvernement. Il serait fin prêt. Ce plan d’action arrive dans un contexte de fragilisation des positions financières internes et externes, traduite essentiellement par la fonte des réserves de change, du creusement de la balance des paiements, de la hausse des dépenses et de l’amenuisement des ressources en dinar, à l’heure où la croissance connait un net recul et le chômage pourrait rebondir fortement eu égard au marasme dans lequel se sont empêtrées de nombreuses filières industrielles, dont le BTPH, les industries de l’électronique et de l’électroménager, l’automobile…
Le nouveau gouvernement est attendu de pied ferme sur nombre de terrains, voire sur de nombreuses questions aussi sensibles, complexes qu’épineuses. A très court terme, l’Exécutif d’Abdelaziz Djezad est tenu d’apporter des solutions efficaces aux difficultés que rencontrent les entreprises du BTPH, de l’automobile, de l’électronique et de l’électroménager, publiques et privées, dont les conséquences risquent de faire grimper le coût social de la crise. Cependant, en l’absence de parechoc financier en interne, suite à l’amenuisement des ressources du FRR et la mise en veille de la planche à billets, la marge de manœuvre du gouvernement, faut-il le reconnaître, n’a jamais été aussi réduite. Il ne s’agit pas de proposer des palliatifs à coups de milliards de dinars qu’injecte l’Etat continuellement dans ses entreprises, mais il est question, cette fois-ci, de proposer des plans de sortie de crise fiables et à long terme.
Ce nouveau gouvernement est confronté par-dessus tout à des problèmes tout aussi complexes, dont la réduction des déficits budgétaire et courant qui demeurent élevés. Alors que la loi de finances 2020 a prévu une baisse nette des dépenses d’équipement, l’Exécutif devrait s’investir pleinement dans les solutions susceptibles de faire repartir la croissance qui a fortement ralenti, en raison principalement d’une contraction de la production d’hydrocarbures, mais aussi de la révision à la baisse des dépenses d’investissement. Il y va de la dynamisation du marché de l’emploi, faute de quoi le chômage pourrait rebondir à des niveaux problématiques. Plus concrètement, le gouvernement devrait enfin et sans délai de remettre en marche le processus d’ajustement budgétaire ainsi que celui portant sur l’assainissement des finances publiques. Plus globalement, il est question de mettre en application des réformes structurelles ambitieuses, repoussées plusieurs fois en espérant que les cours du pétrole reprennent de la vigueur. Maintenant que la rechute des cours vient confirmer que le retour à l’équilibre ne viendra jamais de l’improbable remontée des prix du pétrole, le gouvernement n’a de choix que de s’investir dans les réformes économiques et les ajustements budgétaires tant attendus.