Par Bouzid OUZID
Un autre foyer de grippe aviaire a été tout récemment détecté dans une exploitation d’élevage de volaille dans la wilaya de Chlef. «Mais fort heureusement, il a été très vite maîtrisé par les services vétérinaires de cette wilaya», rapporte à Reporters, sans autre élément d’information sur ce cas, le président du Conseil national interprofessionnel de la filière avicole, Kali El Moumen.
C’est donc le deuxième foyer du genre après la découverte du premier au début du mois courant au niveau des batteries de poules pondeuses dans localité de Aïn Fekroun, relevant de la wilaya d’ Oum El Bouaghi, entraînant la mort de 50 000 sujets et l’abattage du reste, soit 1 200 poules. En somme, il n’en fallait pas plus pour que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural se mette en état d’alerte. Ce qu’a confirmé le ministre Abdelhamid Hamdani, lors d’un point de presse qu’il a animé mardi dernier en son siège, précisant à cette occasion que l’alerte a été publiée sur le site officiel de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIA).
A propos de l’origine de l’épizootie, le ministre a indiqué : «Selon les informations préliminaires, ce foyer (Aïn Fekroun) a été provoqué par des oiseaux migrateurs. Et toutes les mesures nécessaires ont été prises par les services vétérinaires pour y faire face.» C’est d’ailleurs ce qu’il avait souligné au représentant du Conseil national interprofessionnel de la filière avicole, rencontré dans la matinée du mardi dernier.
A ce sujet, Kali El Moumen, approché par nos soins, nous a appris que le ministre leur a assuré que «l’ensemble des équipes vétérinaires de chacune des wilayas seront dépêchées sur le terrain pour procéder à une minutieuse prospection des élevages de volailles, où qu’ils soient, soldée par une large campagne de vaccination du cheptel avicole». Notre interlocuteur nous a fait part également que la filière lancera une campagne de sensibilisation dont l’objectif est de mettre en garde les éleveurs afin qu’ils adoptent sur leurs lieux d’exploitation des mesures de protection pour mettre à l’abri leur élevage du risque de contamination. «Il est clair que les éleveurs se doivent d’être très vigilants car le virus influenza se propage très rapidement et peut décimer en moins de cinq jours des batteries entières de volailles», avertit le président du Conseil. Sur ce dernier point, le ministre a fait savoir à la presse qu’une cellule de vigilance a été mise en place, pilotée conjointement par son ministère et celui de la Santé. «Cette mesure vise en priorité à éviter la propagation du H5N8 vers d’autres régions du pays», a-t-il précisé. Revenant sur le foyer de grippe aviaire de Aïn Fekroun, il a informé qu’«une grande opération de désinfection a été effectuée et le foyer de la maladie est considéré comme éteint, alors qu’une prospection des élevages des alentours de l’exploitation touchée n’a révélé aucun autre foyer».
Notons que dans un communiqué rendu public mardi dernier, en début d’après-midi, le ministère de l’Agriculture informe qu’une instruction a été transmise à l’ensemble des inspections vétérinaires des 48 wilayas du pays à l’effet de continuer les prospections en vue de rechercher d’éventuels symptômes de la maladie. En outre, les services vétérinaires, poursuit le communiqué, procèdent à des opérations de prospection au niveau des élevages avicoles pour la détection éventuelle du virus. Le ministère rappelle que chaque année, dès le début de la migration des oiseaux sauvages des pays du Nord vers les pays du Sud, un dispositif de surveillance actif pour la recherche de l’influenza aviaire est mis en place par les services vétérinaires et forestiers. Une surveillance, par les agents forestiers lors des opérations de comptage de ces oiseaux migrateurs, est effectuée et, en cas de mortalité, les informations sont transmises aux services vétérinaires qui procèdent aux prélèvements et à des analyses en laboratoire. Il est également mentionné dans ce sens que le dispositif de veille et de surveillance mis en place restera en vigueur jusqu’à la remontée des oiseaux migrateurs des pays du Sud vers les pays du Nord. A propos du dit virus, le ministère note qu’il a été détecté dans au moins 15 pays d’Europe et d’Afrique. Le ministère précise enfin que cette maladie est spécifique à l’espèce aviaire et aucune contamination à l’homme n’a été détectée. Notons enfin que chez les éleveurs, l’inquiétude s’est installée. Pour preuve, des membres du Conseil national interprofessionnel de la filière nous ont confié à l’unanimité : «Nous redoutons que l’infection se propage. Le cas échéant, il y aura nécessité de procéder à un abattage massif du cheptel. Dans ce cas de figure sera-t-on indemnisé ?» <