Le Cameroun est fin prêt pour abriter la Coupe d’Afrique des nations 2021 qui se déroulera du 09 janvier au 06 février prochains. Même si rien, sur le plan organisationnel, ne pourrait entraver la tenue de la messe au Cameroun, selon des bruits des couloirs, le Maroc essaye de forcer une délocalisation de l’évènement sur ses terres.

Par Mohamed Touileb
Avant sa fin de règne en 2017, Issa Hayatou, alors président de la Confédération africaine de football (CAF), s’était assuré d’attribuer l’organisation d’une CAN à son pays le Cameroun. C’était celle de 2019. Au final, le tournoi s’était tenu en Egypte alors que les Camerounais se sont vus réattribuer le statut de pays hôte pour l’édition 2021. Toutefois, si le pays de Samuel Eto’o est jugé prêt sur les plans organisationnel, infrastructurel et sanitaire, le Maroc pousserait dans les coulisses pour accueillir la séquence en question.
45 ans d’attente
En Afrique, tout peut se passer. A sept mois du début de la CAN programmée entre le 09 janvier et 07 février prochains, les Marocains veulent être les hôtes d’une messe qui a déjà sa terre d’accueil. Sachant que les opus 2023 et 2025 se dérouleront en Côte d’Ivoire et Guinée respectivement, les voisins sont dans l’obligation d’attendre 6 ans au minimum afin de pouvoir jouer la CAN sur leur terre.
Une très longue attente qui diminue les chances de triompher dans une compétition qu’ils n’ont plus remportée depuis 1976. Avec une génération à fort potentiel qui a disputé la dernière Coupe du Monde tenue en 2018 en Russie, les Lions de l’Atlas rêvent de trôner en Afrique. Ils savent que jouer à domicile rend cette éventualité très plausible.

Lekjaâ et ses lobbys
Dans cette optique, Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et deuxième vice-président de la CAF (donc très proche du nouveau patron de l’instance Patrice Motsepe), est en train d’activer ses lobbys pour convaincre les membres influents à l’instance confédérale de l’attribution de l’organisation de la prochaine CAN au Royaume chérifien. Sur le fond, cette manœuvre semble désespérée tant le Cameroun présente toutes les garanties pour pouvoir, enfin, voir sa CAN se tenir. Toutefois, rien ne peut être exclu.
Fort d’un effectif à gros potentiel, les voisins n’ont pas pu dépasser les 1/8 de finale lors de la dernière cuvée en Egypte se faisant sortir par le Bénin. D’ailleurs, ils n’ont plus atteint le carré d’as depuis l’édition 2004 en Tunisie quand ils avaient perdu la finale contre les Aigles de Carthage. En 2015, le Maroc devait être la capitale du foot continental pour la CAN de cette même année avant qu’il ne se désiste en avançant comme motif la pandémie d’Ebola. Une volte-face qui a valu une disqualification des Marocains pour ladite séquence. Une suspension de deux tournois (2017 et 2019) de suite était requise avant que la mesure ne soit annulée. n