Quand bien même la date de la rentrée
des classes n’a pas été officiellement annoncée, cela n’a pas empêché les parents de se préparer à faire l’emplette en article scolaires du moins en fourniture des plus basiques.

Encouragés de la sorte par l’apparition sur la chaussée d’une kyrielle de vendeurs ambulants, tous bien préparés pour la circonstance au vu du large éventail d’articles proposé sur des étalages de fortune à des prix défiant toute concurrence. Pour de nombreux parents rencontrés par Reporters lors de son passage dans certains quartiers de la capitale, où le marché informel des articles scolaires revient chaque année, « l’offre est abondante et les prix sont en grande majorité les mêmes que ceux de la rentrée précédente ». Du coup nombreux de nos interlocuteurs se joignent à dire « maintenant que nous avons pris connaissance que l’offre est abondante et qu’en sus les prix n’ont pratiquement pas changé, à nous d’avoir le meilleur rapport qualité/prix afin de gérer au mieux le budget que nous allons consacrer à la rentrée des classes ». A propos de budget, selon Mohamed, fonctionnaire, trois enfants scolarisés, « il me faudra débourser cette année pas moins de 10 000 DA par enfant si ce n’est plus en comptant les frais d’inscriptions et autres dépenses ». Mais pour Abdelkader, agent de service dans une entreprise, ce sera toute une acrobatie. « J’ai quatre enfants scolarisés, 2 au primaire et 2 au moyen, alors que mon salaire ne dépasse pas les 35 000 DA. Il me faudra puiser dans mes maigres économies et surtout éviter ce qui n’est pas vraiment nécessaire et surtout de se rabattre sur les vendeurs ambulants, c’est-à-dire vers le marché informel, car c’est ici que les fournitures scolaires semblent plus abordables ». Sur ce dernier point, pour le président de l’Association de protection du consommateur et de l’environnement (Apoce) Mustapha Zebdi, contacté hier par Reporters, « quoi qu’on dise, le marché informel a un rôle régulateur en cette période de rentrée scolaire et pour d’autres événements ». Toujours dans ce même ordre d’idées ce responsable nous a témoigné qu’« il est de plus en plus difficile pour une famille à revenus modestes et qui possède tout au moins deux enfants scolarisés de se procurer des articles scolaires de bonne qualité ou même de moyenne qualité. Autrement dit, son choix ira vers le bas de gamme. Ce qui est tout à fait compréhensible à moins de s’endetter ». Le patron de l’Apoce juge par ailleurs que tout parent d’élève doit se mettre à l’évidence que le choix des articles scolaires à acheter pour ses enfants scolarisés demeure en fonction de son pouvoir d’achat. « Et quand celui-ci n’est pas conséquent il ne lui reste plus que de lorgner du côté du marché informel. C’est pour dire, comme je l’ai souligné auparavant, l’informel joue un rôle régulateur et va continuer de l’être tant que le pouvoir d’achat des familles sera à la baisse », a-t-il conclu.
Autre constat perçu lors de notre passage dans certains quartiers réputés pour leurs activités commerciales, les vendeurs de tabliers et de cartables et autres sacs-à-dos ont commencé à faire recette avec cette particularité dans des prix qui passent du simple au double, voire même au triple. A titre d’exemple, les cartables sont à 1 500 DA pour finir vers 6 000 DA. «Des prix qui pourraient augmenter comme ils pourraient baisser car c’est selon l’approche de la rentrée, où les parents seront ainsi fixés et ainsi de ne plus s’attarder à acheter un cartable. Mais dans le cas où la rentrée est plus tard les clients ne vont pas pointer de sitôt et devant le risque de mévente il va falloir penser à réduire nos prix, histoire de ne pas se retrouver avec un stock d’invendus important et de surcroît gelant des sommes considérables à notre grand détriment », nous a révélé Ali, patron à Boumati d’un magasin spécialisé dans la vente de cartables et autres accessoires scolaires. »
En somme et selon les témoignages recueillis auprès des commerçants d’articles scolaires leurs chiffres d’affaires restent tributaires de la date de la rentrée scolaire, qu’il s’agit de confirmer désormais.