De nouvelles mesures ont été introduites pour la fourniture de la chloroquine aux patients atteints de certaines maladies auto-immunes et soumis à un traitement par ce médicament, a fait savoir le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmad, précisant que cette démarche vise à assurer la disponibilité de ce médicament pour le patient concerné. Cette démarche est motivée par la crainte d’une pénurie de ce produit utilisé actuellement dans le traitement du Covid-19, a expliqué M. Benhamed. Ainsi, le patient devra désormais présenter un dossier médical au pharmacien constitué d’une prescription et attestation médicales, ainsi qu’une copie de la carte Chifa, qui sera transmise par le pharmacien à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), a indiqué M. Benbahmad à l’APS. Précisant que «la chloroquine ne peut être à la disposition des 11 000 pharmacies du territoire et ce, afin que les patients atteints de maladies auto-immunes qui suivaient ce traitement puissent en bénéficier». Par ailleurs, les dermatologues et rhumatologues habitués à la prescription de la chloroquine peuvent prescrire des médicaments «alternatifs», existant sur le marché national et recourir à la chloroquine pour certains cas qui en nécessitent, a recommandé le ministre, médecin de son état, faut-il le rappeler. Le but étant, a-t-il ajouté, de «préserver ce médicament destiné au traitement du Covid-19». Avant d’appeler tout un chacun à la nécessité de «faire preuve de compréhension» par rapport à la situation, jusqu’à la fin de cette crise.
De son côté, le président de l’Ordre des pharmaciens, le Dr Abdelkrim Touahria, a tenu à rassurer les patients en affirmant que des mesures ont été prises pour approvisionner les malades chroniques traités à la chloroquine. «Les personnes atteintes de maladies auto-immunes traitées à la chloroquine ne seront pas privées de ce droit dès lors que le ministère de tutelle a pris ces nouvelles mesures qui visent à éviter tout détournement de ce médicament», a-t-il souligné. Expliquant que les pouvoirs publics veillent à ce que les patients reçoivent leur traitement habituel en soumettant la gestion de la chloroquine à un «contrôle strict en cette période de crise du nouveau coronavirus».
Côté Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), ces nouvelles mesures seraient «très contraignantes», dans la mesure où «les pharmaciens des wilayas éloignées ne sont pas en mesure de se rendre à la Pharmacie centrale des hôpitaux pour s’approvisionner en chloroquine», estime son président le Dr Messaoud Belambri, proposant que cette tâche soit «confiée aux grossistes des médicaments à travers le pays une fois les dossiers des patients recueillis auprès des pharmacies dans chaque région. Une telle démarche est «facile et ne coûte rien», a argumenté M. Belambri.