Le Premier ministre Abdelaziz Djerad a lancé, hier, les travaux du «Forum sur l’investissement agricole et agroalimentaire», accueilli au niveau du Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal.

Par Nadir Kadi
Le Premier ministre, accompagné pour l’occasion par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hemdeni, ainsi que du conseiller du président de la République, Abdelhafid Allahoum, a appelé les investisseurs et exportateurs à «participer au projet» du gouvernement. L’Etat, explique Abdelaziz Djerad, a pour ambition d’assurer la «sécurité alimentaire» puis «progressivement l’autosuffisance» pour certains produits, mais aussi de limiter «une facture d’importation qui dépasse les 10 milliards de dollars annuellement pour les seuls produits alimentaires».
Le forum, qui vise notamment «à échanger les points de vues entre experts et investisseurs en ce qui concerne les défis auxquels fait face le secteur de l’agriculture», est à ce titre qualifié par le Premier ministre «d’événement important», saluant par ailleurs les «efforts fournis dans le cadre du développement de l’agriculture et la concrétisation de la sécurité alimentaire».
Le secteur nécessite toutefois «d’importants investissements», explique Abdelaziz Djerad : «Le développement global du pays a principalement besoin de ce secteur, il est le moteur principal du développement et le facteur principal de l’industrie agroalimentaire permettant à l’Algérie de retrouver sa place parmi les nations au niveau régional et mondial.». Ainsi, tout en appelant les investisseurs et futurs exportateurs à participer massivement au développement des exploitations agricoles qui emploient déjà «plus de 2,5 millions de travailleurs directs», Abdelaziz Djerad a détaillé une série de mesures, lancées ou en cours de lancement, à la demande du Président, qui avait instruit d’accélérer les programmes visant à redonner toute sa place au secteur de l’agriculture et d’exploiter les capacités nationales pour assurer la sécurité alimentaire», rappelle-t-il.
En ce sens, dans un message qui vise à rassurer les futurs investisseurs, Abdelaziz Djerad explique que le gouvernement travaille à «lutter contre toutes les formes de bureaucratie», mais aussi à la mise en œuvre de «méthodes de gestion moderne», à l’évaluation de la situation du foncier agricole dans toutes les wilayas, «en accélérant les régularisations» ou encore à travailler sur les projets de «raccordement des exploitations agricoles aux réseaux d’électricité et aux sources d’eau»… L’un des exemples d’investissement mis en avant, hier, par le Premier ministre est le «lancement des exploitations d’agriculture sucrière, céréalière et de production d’huile (…) pour limiter les coûts d’importation». Le responsable rappelant à ce titre la «création de l’office national pour la promotion de l’agriculture industrielle dans les régions désertiques (…), où l’Etat ambitionne de produire 50% des besoins du pays en huiles alimentaires issues du soja, du colza et de l’argan».
Premier ministre qui rappelle par ailleurs que «l’agriculture contribue à plus de 12,4% au produit national» soit, l’équivalent de 25 milliards de dollars en 2020, «en hausse par rapport à 2019 où la production agricole était estimée à 23 milliards de dollars». Abdelaziz Djerad, qui note que le secteur à réaliser un «un bond qualitatif, malgré les conditions difficiles causées par la crise sanitaire», a ajouté à ce propos que «les agriculteurs ont été à la hauteur durant cette crise sanitaire et ont notre salut et notre reconnaissance». Quant aux action déjà entreprises par le gouvernement, Abdelaziz Djerad s’est félicité hier de la réforme dans le cadre légal et organisationnel après la promulgation du décret portant sur la création des coopératives agricoles, mais aussi de la «finalisation» des lois encadrant l’exploitation des ressources forestières et la protection des terres agricoles, annonçant au passage : «Nous allons rapidement finaliser la loi directrice de l’agriculture, qui constitue la référence principale pour ce secteur vital».
Le Premier ministre a également annoncé que le secteur de l’agriculture a réussi à «limiter» l’importation de graines de pomme de terre. «En un an, nous sommes passés de 92 000 tonnes à 21 000 tonnes. Ce qui a permis d’encourager la production de graines localement et de les utiliser dans 80% des cas». Une hausse de même nature est également signalée en ce qui concerne les terres irriguées et les sites de stockages.