Des représentants de maisons d’édition chinoises, pays invité d’honneur de cette 23e édition du rendez-vous littéraire, ont animé, mercredi passé, une rencontre intitulée «Forum sino-arabe des éditeurs», organisée par le commissariat du Sila,

l’occasion de faire le point sur l’état des relations entre professionnels du livre chinois et arabes. Les professionnels de l’édition chinoise ont souligné, à cette occasion, que les rapports culturels et commerciaux sont déjà très développés avec des pays comme le Liban ou l’Egypte, et devraient encore plus se développer à l’avenir. Les représentant de «l’association des éditeurs chinois» lancent un appel aux professionnels du livre arabe et algérien à se rendre en Chine : «L’année prochaine nous organiserons des visites d’éditeurs de pays arabes en Chine pour développer nos collaborations. Nous appelons les éditeurs algériens à y participer.» Figurant, aujourd’hui, parmi les principaux éditeurs chinois spécialisés dans la publication d’ouvrages en langue étrangère, les représentants de la maison d’édition China Intercontinental Press, un professionnel du livre qui existe depuis 1993, nous expliquent en marge de cette rencontre leurs démarches éditoriales et leurs ambitions dans les pays arabes, facilitées notamment par les dispositions du gouvernement chinois en faveur de la traduction. Installé jusqu’à la fin du rendez-vous au centre du pavillon chinois, China Intercontinental Press, qui propose des collections de titres qui reviennent très largement sur l’histoire de la Chine, sa culture et sa société, sa politique, mais aussi son «miracle économique», en plus d’un large choix de livres pour enfant, se distingue par la diversité des langues dans lesquelles sont proposés ses ouvrages. «Ce sont des livres que nous publions essentiellement pour le marché international en plus du marché interne. C’est pour cela que la majorité de nos ouvrages sont en anglais, espagnol, arabe ou en français. C’est un marché très important, mais notre mission est aussi de présenter notre culture, notre histoire, notre langue et nous espérons que les lecteurs dans le monde pourront ainsi mieux nous connaître», explique l’une des responsables du stand. Elle précise à ce sujet, que le catalogue de China Intercontinental Press, présenté au Sila 2018 se compose de près de 200 titres en arabe et autant en français, qui ont rapidement trouvé acheteurs à Alger. Les tenants du stand ajoutent à propos de leur implantation dans les pays arabes, «nous faisons des études de marché pour chaque pays afin de choisir nos partenaire locaux. En fait, quand on trouve le bon partenaire de travail cela facilite les choses. Actuellement, nous avons, par exemple, de très bons partenaires aux Emirats, au Liban, en Jordanie, au Maroc ou encore en Egypte. Quant à l’Algérie, il s’agit aujourd’hui de notre première participation, et nous avons déjà un partenaire. Et nous en recherchons d’autres». La maison d’édition chinoise publie, par ailleurs, sur le marché chinois «des romans, des recueils de poésie, des nouvelles d’auteurs arabes», tout en travaillant à l’exportation des textes chinois, notamment des livres pour enfants. «Nous publions aussi des livres pour enfants. Ils reprennent la mythologie, les histoires traditionnelles de notre culture. Les enfants chinois lisent les contes étrangers et nous pensons que nous devons aussi faire connaître les nôtres». Au final, il apparaît au regard des déclarations des professionnels du livre chinois, que la principale difficulté, qui consiste en la barrière de langue, a réussi à être «surmontée» grâce à une politique de subventions du gouvernement chinois. Les représentants de China Intercontinental Press nous expliquent en ce sens qu’«en Chine, il y a des subventions pour la traduction, c’est-à-dire qu’à la signature d’un accord avec un partenaire, par exemple pour la traduction d’un livre en arabe, nous pouvons obtenir une aide du gouvernement. Cela aide énormément à la réduction des coûts de publication».