Le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed a réaffirmé, hier, la volonté de l’Algérie de donner la priorité à une production nationale innovante et de qualité, et ce, dans son allocution d’ouverture du Forum des industries pharmaceutiques au Centre de conférence international (CIP) sous le thème «Industrie pharmaceutique : stratégies et défis».

Par Sihem Bounabi
Présidant la cérémonie d’installation du Comité d’experts chargé de l’enregistrement des médicaments, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a ainsi levé l’un des derniers obstacles à l’enregistrement des médicaments. En effet, le comité, composé d’experts de différentes spécialités, aura pour tâche de se prononcer sur les produits susceptibles d’être enregistrés avant leur mise sur le marché. Il est à noter que ces dernières années, la paralysie de l’enregistrement des produits, dont certains remontent à plusieurs années, a créé une véritable polémique suite aux tensions qui pèsent sur certaines familles thérapeutiques et aux réclamations incessantes des laboratoires nationaux de produits pharmaceutiques.
Lotfi Benbahmed a également mis en exergue à cette occasion que la stratégie concernant l’industrie pharmaceutique, élaborée par son département, œuvre à coordonner les efforts afin d’assurer dans les plus brefs délais la couverture des besoins nationaux en termes de médicaments et produits pharmaceutiques, mais également de s’ouvrir vers l’exportation.
Il a, par ailleurs, mis en exergue la batterie de mesures dont les textes de loi et les modalités du cahier des charges, mis en place pour encourager et soutenir la production locale, notamment avec l’ouverture de nouvelles unités de production, l’enregistrement de nouveaux produits pharmaceutiques afin de diversifier l’arsenal thérapeutique, réduire les prix des médicaments sous l’influence de la concurrence. Il s’agit également, selon le ministre, de stimuler les multinationales à localiser la production de médicaments à haute valeur ajoutée avec des directives pour l’exportation, à l’exemple des bio-médicaments innovants pour le diabète et le cancer.
En outre, sur le volet de la recherche dans le secteur, le ministre a soutenu l’importance de l’interactivité entre les universités et l’industrie pharmaceutique dans l’esprit de développement de la biotechnologie pour une industrie du médicament innovant, orienté vers la recherche et le développement des médicaments à valeur ajoutée. Lors de son discours, Lotfi Benahmed a tenu à rappeler les défis relevés par l’Algérie afin de contrer la crise sanitaire de la Covid-19. Soulignant que dans un temps records, les producteurs locaux ont réussi dans l’urgence à produire des masques de protection, des tests PCR et sérologiques ainsi que l’oxygène thérapeutique et les médicaments nécessaires dans le protocole de soins contre le coronavirus, à travers un tissu industriel existant afin de garantir les besoins nationaux et mettre fin rapidement aux pénuries qui ont résulté de la forte demande suite à la propagation rapide de la Covid-19. Finalement, le ministre de l’Industrie pharmaceutique s’est engagé à redoubler d’efforts pour renforcer et développer l’industrie pharmaceutique pour en faire un véritable fleuron de l’économie algérienne. Concernant la production locale du vaccin Spoutnik V contre le coronavirus avec les partenaires russes, annoncé pour le mois de septembre prochain, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a assuré que «le Président de la République a donné des instructions strictes pour mobiliser tous les moyens et capacités matériels et humains». Il a aussi affirmé que «nous sommes confiants dans nos compétences nationales sur lesquelles nous comptons pour utiliser au maximum leur potentiel et atteindre cet objectif au cours de l’année en cours comme une nouvelle opportunité et prouver que les capacités de l’industrie pharmaceutique en Algérie sont suffisantes pour augmenter cela».
Rappelons que mercredi dernier, Lotfi Benbahmed affirmé que la production de l’anti-Covid Sputnik V allait débuter en septembre prochain à travers le partenariat conclu entre le groupe pharmaceutique public Saïdal et le laboratoire russe Gamaleïa. Un projet qui sera réalisé au niveau de l’usine Saïdal de Constantine. «Le vaccin sera produit en septembre d’après nos experts, d’après Saïdal et les différentes analyses que nous avons mises en place. Nous serons accompagnés par le Fonds russe [Russian Direct Investment Fund (RDIF), ndlr] et aussi par un laboratoire qui produit déjà le vaccin Sputnik V dans d’autres pays», avait déclaré le ministre.