Après la mise en berne des activités culturelles et artistiques durant de longs mois à cause des mesures de confinement de la pandémie de la Covid-19, le secteur de la culture était au centre de toutes les attentions, hier, avec l’ambition des plus hautes autorités d’impulser une véritable dynamique à un secteur en situation de crise aigue.

Synthèse par Sihem Bounabi
Ainsi, l’Etat algérien s’engage «à soutenir et à accompagner l’innovation artistique et à réhabiliter le métier de l’artiste et des travailleurs du domaine de la culture», a affirmé, hier, le Premier ministre Abdelaziz Djerad, soulignant que «l’artiste en tant que ressort de l’acte culturel figure au centre des préoccupations de l’Etat», conformément aux engagements du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
S’exprimant à l’occasion de l’ouverture du Forum de l’économie culturelle, organisé par le ministère de la Culture au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal, la volonté affichée de l’Etat d’être au chevet de la culture s’est exprimé notamment par la présence d’une importante délégation officielle aux côtés de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, à l’instar des deux Conseillers auprès du Président de la République, Abdelhafid Allahoum et Boualem Boualem, et du président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Rédha Tir.
Le Premier ministre a, également, appelé à faire évoluer la culture d’un secteur consommateur, «fardeau pour le budget de l’Etat», vers un secteur «créateur de richesse et d’emplois», ainsi qu’«un secteur qui contribue à la réhabilitation de l’Algérie dans le système mondial du tourisme». Ceci notamment avec la promotion du tourisme culturel de manière à soutenir le tourisme domestique et à attirer les touristes étrangers. Il a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’investir dans le rapport étroit entre la culture et le développement du tourisme, à travers un contenu culturel qui valorise le patrimoine, les sites archéologiques, les musées et les villes antiques.
Le Premier ministre a également plaidé pour des initiatives scientifiques en vue d’activer l’économie de la culture, à travers le renforcement du rôle éducatif de la culture et la concrétisation de la complémentarité entre le service public éducatif et le service public culturel.
En outre, Abdelazziz Djerad a également mis en exergue l’importance de s’adapter aux défis de l’évolution technologique et de la numérisation, notamment en ce qui a trait au livre numérique et à l’e-commerce qui «offre un important espace pour la commercialisation du produit culturel».
Le Premier ministre a tenu à rappeler que malgré les difficultés traversées par les opérateurs culturels et les artistes en conséquence de la pandémie du Coronavirus, le Gouvernement en application du programme du Président avait pris certaines mesures pour soutenir le secteur, à l’instar du lancement de plateformes de vente de toiles et de livres électroniques en accompagnement des artistes et créateurs.
Il a également rappelé l’ouverture durant l’année écoulée des chantiers de la recherche archéologique dans les sites, qui a mené à la découverte de 23 nouveaux sites, ainsi que la prise des mesures urgentes pour la protection des biens culturels découverts ou restaurés. Le Premier ministre a souligné dans ce sillage l’exploitation économique des sites archéologiques et des monuments historiques, telle l’expérience-pilote au niveau de la citadelle d’Alger.
A propos de l’accompagnement de l’Etat aux producteurs et associations culturelles, le Premier ministre a rappelé qu’une enveloppe de plus de 154 millions de dinars a été allouée, en 2020, le soutien de la production cinématographique de longs et courts métrages et de films documentaires, la subvention au profit de 75 œuvres de théâtre, de musique et de beaux-arts et l’encouragement de 64 associations culturelles.
Par ailleurs, le Premier ministre a évoqué le parachèvement de la loi régissant les relations de travail entre les gestionnaires de théâtre et les artistes. Affirmant que le Gouvernement a mis en place «un programme réaliste et des mécanismes à même d’ériger l’Algérie en pôle de rayonnement culturel et de tourisme spirituel au niveau international».
Les travaux de ce Forum, organisés par le ministère de la Culture et des Arts sous le thème «La culture, un investissement économique et sociétal», s’étalant sur trois jours portent sur plusieurs axes, dont les mécanismes de financement des investissements dans le secteur de la culture et des arts, la commercialisation du produit culturel et son rôle dans la dynamique économique, ainsi que sur des expériences et des visions en lien avec l’investissement culturel. En attendant sur quoi il va évoluer concrètement, en cette période de rigueur budgétaire, il est à considérer comme un clin d’œil bienveillant au milieu artistique et créatif.