L’Algérie et la Turquie ont décidé de hisser à un plus haut niveau leur coopération économique. C’est le message du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a achevé sa visite hier, et du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui ont présidé, avant-hier, à Alger, la clôture du Forum d’affaires Algérie-Turquie. La coopération entre les deux pays «ne reflète pas les potentialités existantes» et les deux parties lui ouvrent de nouvelles perspectives en lui insufflant une nouvelle dynamique qui se traduit par l’encouragement des hommes d’affaires des deux pays à investir aussi bien en Algérie qu’en Turquie.
Prenant la parole en premier, M. Djerad a salué «l’engagement personnel» de M. Erdogan ainsi que la tenue de ce forum qui a réuni quelque 360 hommes d’affaires turcs et algériens, notant que les secteurs prioritaires pour l’Algérie sont, entre autres, l’industrie des petites entreprises et les industries légères, les start-up, l’agriculture, l’hydraulique et le tourisme. Il a également fait savoir que le forum d’affaires Algérie-Turquie a permis d’évaluer les accords bilatéraux en cours, précisant que la prochaine réunion du comité de coopération économique et scientifique, qui se tiendra en Algérie cette année, représentera une opportunité pour renforcer les affaires communes. «Le comité de coopération permettra de concrétiser les accords bilatéraux, dont certains ont atteint un stade de maturité pour être signés dans les plus brefs délais, Il s’agit des accords sur la protection de l’investissement et la protection du consommateur, le contrôle de la qualité, le travail et la sécurité sociale, et du mémorandum d’entente sur la recherche scientifique», a-t-il dit. Le président turc, qui a qualifié l’Algérie de «pays frère et ami» et de «centre de gravité de l’Afrique» et «porte sur le Maghreb arabe et l’Afrique», a préconisé la mise en place d’une zone de libre-échange entre les deux pays pour venir à bout des entraves auxquelles se heurtent les investisseurs pour la réalisation de projets communs en Algérie et en Turquie. D’où son appel à la mise en place des mesures permettant la création de cette zone de libre-échange dans les plus brefs délais. M. Erdogan a souligné avoir abordé ce sujet important avec le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, non sans avoir noté la nécessité d’entamer les négociations sans tarder. Il a appelé à la création d’un Conseil de coopération de haut niveau (CCHN) qui permettra de donner une véritable dynamique à la coopération bilatérale et dont la première réunion, a précisé M. Erdogan, «se tiendra en Turquie sous la présidence du Président Abdelmadjid Tebboune».
Saluant par ailleurs, la suppression de la règle 49/51%, il a estimé que «cette mesure est de nature à encourager les milieux d’affaires et à ouvrir la voie à la facilitation des investissements étrangers». «Contrairement à d’autres pays, nous ne considérons pas l’Algérie comme un marché pour écouler seulement nos produits, mais nous aspirons à la réalisation d’importants investissements», a déclaré M. Erdogan.
Pour étayer ses propos, il a indiqué que «les investissements des sociétés turques en Algérie dépassent 3,5 milliards de dollars, ce qui reflète la confiance que vouent les investisseurs turcs à l’Algérie». Des investissements qui ont permis, a-t-il ajouté, «la création de 30.000 postes d’emploi». M. Erdogan a également fait état de 377 projets d’investissements turcs établis en Algérie», comme il a fait savoir que l’Algérie occupe la troisième place en termes de présence des entreprises turques de par le monde et la deuxième place sur le continent africain. Il a précisé, dans le même contexte, qu’il avait discuté avec le Président Tebboune des moyens d’augmenter le volume des échanges commerciaux à 5 milliards
de dollars par an, contre un montant d’environ 4 milliards de dollars actuellement. Il a également souligné que «les échanges entre les deux pays, dans le domaine économique, sont basés sur les intérêts mutuels».
M. Erdogan a annoncé la décision prise par les deux pays de tenir une réunion du comité mixte de coopération économique qui ne s’est pas réuni depuis 2002, assurant que les deux parties encouragent les hommes d’affaires turcs et algériens à construire de nouveaux partenariats. La Turquie est prête à apporter sa coopération dans de «nombreux domaines, parmi lesquels la construction, qui est un secteur dans lequel la présence turque est importante en Algérie, la construction des navires, ainsi que les industries de défense (drones, avions de formation, munitions…) que nous vendons pour beaucoup de pays». Le président turc a clos son intervention en déclarant : «J’espère que notre rencontre ouvrira de nouvelles perspectives pour nos projets communs.»n