Le Forum de haut niveau sur des réponses antiterroristes efficaces et durables, tenu à Oran, s’est poursuivi hier, pour la seconde et dernière journée. Tenus à huis clos, les travaux des experts ont tablé sur l’ensemble des aspects liés à la problématique de la sécurité et de la lutte antiterroriste, ainsi que son pendant qu’est le radicalisme, mais aussi le grand banditisme qui est devenu l’allié privilégié des groupes armés.

Plusieurs séances thématiques ont été tenues par les représentants africains, en plus de leurs partenaires internationaux à l’effet de cerner au mieux les menaces qui pèsent sur le continent et d’y apporter des réponses appropriées.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a indiqué que les résultats du Forum d’Oran seront soulevés lors du prochain sommet africain prévu fin janvier prochain à Addis-Abeba. Dans une déclaration à la presse en marge de ce forum, le ministre a souligné que les résultats de cette importante rencontre seront présentés lors du prochain sommet africain, exprimant son souhait que le forum constituera une occasion pour plus de coordination entre les partenaires africains. « L’Algérie oeuvre à transmettre son expérience notamment aux frères africains pour uniformiser la vision et renforcer la coopération en matière de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme », a déclaré M. Messahel, mettant l’accent sur l’importance de telles rencontres qui permettent d’échanger les expériences et les idées et de profiter des analyses des experts et des différents acteurs dans le domaine. Le chef de la diplomatie algérienne a réitéré que l’Algérie est prête à partager l’expérience acquise dans le domaine de lutte contre
l’extrémisme violent et le terrorisme. Soulignant que « le mandat confié au président de la République,
Abdelaziz Bouteflika, par ses pairs de l’UA, en tant que coordonnateur des efforts de l’UA dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le terrorisme, est une reconnaissance de notre continent aux sacrifices consentis par le peuple algérien dans sa lutte contre le terrorisme ».
Les participants ont eu à débattre du cadre de l’Union africaine relatif à la lutte antiterroriste, en analysant ses progrès, ses lacunes et les opportunités pour une architecture renouvelée de lutte contre le terrorisme.
Une autre séance a été consacrée à la prévention contre l’extrémisme violent et les moyens de faire face aux conditions propices à la prolifération du terrorisme.
Par ailleurs, le traitement pénal, comme réponse au terrorisme, a été longuement débattu, en analysant les cadres juridiques et la coopération policière.
Il a été, par ailleurs, question de débattre du rôle du renseignement dans la lutte antiterroriste et les moyens de l’améliorer. A cet effet, force est de rappeler que plusieurs organes et mécanismes ont été créés sous les auspices de l’UA pour renforcer la coopération entre les services de renseignements.
Une autre séance a été consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme. Il a été relevé les liens croissants avec la criminalité transnationale, tout comme il a été fait état des difficultés qu’éprouvent les pays dont les économies sont fondées sur les transactions en espèces.
Et comme annoncé lors de la séance d’ouverture, la menace de Daech plane plus que jamais sur le continent, avec le retour attendu de terroristes chassés d’Irak et de Syrie. Le thème a été longuement débattu par les participants, étant donné l’ampleur de la menace.
Par ailleurs, les participants ont mis l’accent sur la nécessité de consolider et de préserver les acquis de la stabilisation à travers la réconciliation et la réhabilitation.
Enfin, il a été question de débattre du renforcement de la coopération internationale et régionale en matière de lutte antiterroriste. Il s’agit de tirer profit de cette coopération, notamment pour les pays qui manquent cruellement de ressources, mais aussi tirer les leçons des lacunes constatées sur le terrain.