Les fortes pluies qui se sont abattues sur la partie nord de l’Algérie ont provoqué des inondations dont certaines spectaculaires dans de nombreux arrondissements de la capitale, donnant d’Alger l’image d’une ville noyée et emportée par la boue… Les dégâts matériels occasionnés posent à nouveau l’éternelle question de l’efficacité des services municipaux et des entreprises des travaux publics à bien faire leur travail et de leur capacité à se préparer aux risques naturels.

Alger était noyée, hier, sous les eaux et la boue. Les petites heures de pluies qui se sont abattues sur la capitale, dans la nuit de lundi à mardi, ont provoqué des inondations et des dommages matériels dans de nombreux quartiers, en plus des routes coupées et des embouteillages immenses qui ont empêché de nombreux citoyens d’arriver à l’heure à leur travail, tandis que nombreux parmi eux ont carrément rebroussé chemin après des heures passées vainement sur la route.
Des images et des vidéos livrent un aperçu de ce énième sinistre du genre vécu par la capitale en ce début de septembre, période propice aux fortes averses. Les services de la météo avaient d’ailleurs lancé un BMS annonçant des pluies jusqu’à 30 millimètres, à partir de 03H du matin jusqu’à 15H. Ce qui ne semble pas avoir suffi pour mettre en place une riposte en conséquence en matière de mesures anti-inondations et, du coup, ce sont des scènes catastrophiques qui ont marqué la journée des Algérois. Parmi les images qui ont le plus marqué l’esprit, ce sont celles des trémies inondées où des automobilistes ont été pris au piège, dont notamment celle du Ruisseau, des routes dont l’asphalte a été carrément arraché, l’effondrement du mur au niveau de l’ambassade de France, la vue de quantités impressionnantes d’eau déferler à toute vitesse charriant déchets et voitures…
Non loin de ce quartier, c’est un important collecteur d’assainissement qui a été endommagé, après avoir subi un affaissement sur son côté droit, provoquant ainsi un cratère de 4 mètres. D’importantes infiltrations des pluies diluviennes ont eu raison de ce collecteur datant de l’époque coloniale, rendant l’évacuation des eaux très difficile en certains endroits, et carrément impossible dans d’autres.
Les travaux de réparation et de sécurité de cet ouvrage ont été immédiatement entamés par l’entreprise nationale Cosider, réquisitionnée sous le sceau de l’urgence, a précisé le communiqué du ministère des Ressources en eau. Soulignant que la pluviométrie enregistrée entre lundi et mardi a atteint 78 millimètres à la station de Bir Mourad Raïs et 85 millimètres au niveau de celle de Baraki. Il «s’agit là de niveaux exceptionnels engendrés par les changements climatiques qui touchent de plein fouet notre pays », a noté le ministère, faisant savoir qu’il a « mobilisé toutes ses ressources humaines et matérielles, afin de soutenir les efforts des collectivités locales dans la prise en charge des conséquences liées aux inondations, a rappelé le communiqué ».
De leur côté, les services de la Protection civile poursuivaient les opérations d’intervention pour la réouverture des routes coupées et des tunnels inondés, a indiqué le chargé de cette institution, le lieutenant Khaled Benkhalfallah, ajoutant qu’aucune perte humaine ni dégâts matériels importants, en particulier au niveau des communes abritant d’anciennes bâtisses, n’ont été enregistrés.
La capitale n’était, cependant, pas seule à vivre des heures d’inondations hier. D’autres régions du pays ont connu le même sort, sous l’effet des fortes averses. C’est le cas de Batna, où le scénario de la fin de semaine dernière s’est reproduit dans la nuit de lundi à mardi, avec de fortes pluies orageuses qui se sont transformées en inondations touchant plusieurs habitations, alors de nombreux axes routiers ont été fermés. Les éléments de la Protection civile sont intervenus pour pomper l’eau de nombreuses maisons inondées dans les communes d’Aïn Djasser, Aïn Yagout, Aïn Touta et au chef-lieu de wilaya, a indiqué le chargé de communication de la Protection civile dans cette wilaya, le lieutenant Zoheir Nekaâ. Les équipes des sapeurs-pompiers se sont aussi déployées pour drainer les RN 77 à l’entrée du nouveau pôle urbain Hamla 3 et venir en aide aux automobilistes bloqués à cet endroit, selon la même source. A Mila, les services de la Protection civile ont repêché le corps sans vie d’un enfant de 8 ans emporté par les eaux de l’oued Oum Cherak, alors qu’à Oum El Bouaghi, trois personnes à bord d’un camion bloqué par les eaux dans un tunnel à l’entrée de la ville ont été secourues.
La wilaya de Jijel n’a pas été épargnée, elle non plus, par les fortes pluies orageuses. Celles-ci ont dépassé les 54 mm, poussant les services opérationnels de la Protection civile à effectuer 96 interventions, dont 11 pour le pompage de l’eau et le curage des avaloirs dans 5 communes de la wilaya, où 50 mm de pluie sont tombés en moins de 40 minutes, a précisé à l’APS la capitaine Ahlem Boumala. Même cas de figure également à Béjaïa.
Dans un communiqué, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a appelé, hier, les usagers de la voie publique à l’impératif de faire preuve de vigilance et de prudence eu égard aux intempéries que connaissent plusieurs régions du pays. La DGSN rappelle aux conducteurs de camions lourds, véhicules, bus de transport public ainsi qu’aux motocyclistes « l’importance de respecter le code de la route et de faire montre de prudence au volant en réduisant la vitesse de manière à pouvoir maintenir sous contrôle leur véhicule ». Elle a également rappelé l’impératif de respecter la distance de sécurité, s’assurer du système de freinage et d’éclairage et éviter tout stationnement ou arrêt sans motif. « Le numéro vert 1548 et 17, ou encore les comptes Facebook et Twitter de la DGSN demeurent à la disposition des citoyens 24H/24, a conclu le communiqué. n