Insatiable. C’est le qualificatif pour un joueur jamais rassasié de faire tomber les références et trembler le chemin des filets. Que ce soit en clubs ou en sélection, il vise toujours le firmament. Mardi soir, face à la Suède, Cristiano Ronaldo a offert la victoire (0-2) au Portugal à l’occasion de la 2e journée de la Ligue des Nations. Une frappe en feuille morte après un splendide coup franc, c’est ainsi que CR7 a franchi le mur du 100 en totalisant 101 buts en 165 apparitions. Tonitruant !

Inlassablement, il marque l’histoire. Les records individuels tombent un par un face à son abnégation malgré ses 35 ans. Et comme un perpétuel recommencement, c’est contre les Suédois que le quintuple Ballon d’Or a, une nouvelle fois, marqué les esprits. Souvenez-vous de son mémorable triplé, en novembre 2013 à Stockholm, qui avait qualifié les siens pour le Mondial 2014 au Brésil.
Lors de cette soirée, celui qui jouait pour le Real Madrid à l’époque avait tiré les siens à bout de bras. Malgré un doublé de Zlatan Ibrahimovic dans le camp adverse, la mentalité de leader du Lusitanien était plus forte. Au passage, il avait égalé Pedro Miguel Pauleta comme le meilleur baroudeur du Portugal avec 47 pions. Presque 7 années plus tard, Cristiano Ronaldo compte plus que le double de ce « capital réalisations » dans sa musette en plus d’un EURO-2016 et un triomphe en Ligue des Nations pour sa première édition.

Les records, un naturel
Avec 101 réalisations, il devient le deuxième centenaire dans l’histoire des sélections après l’Iranien Ali Daei qui a fait mouche à 109 reprises. « Maintenant, le record… c’est pas à pas. Ce n’est pas une obsession, car je pense que les records ça surgit de façon naturelle », a expliqué l’homme providentiel de la « Seleçao » qui reconnaît que « ce sont deux buts importants car j’ai réussi à atteindre ce record que je cherchais. Je suis très heureux, d’abord car l’équipe a gagné (…) et bien sûr le record du centième puis du 101e, avec deux énormes buts…» Là, on est dans la banalisation de l’hors-norme chez l’actuel sociétaire de la Juventus Turin. Les statistiques pareilles et la longévité ne sont pas communes à tous les footballeurs de nos jours. cette discipline est plus tactique et physique avec un haut degré d’exigences pour pouvoir rééditer ce genre de performances.

Faculté d’adaptation
Le quadruple Soulier d’Or européen a su, tout au long de sa carrière, s’adapter et métamorphoser son jeu malgré le poids des années qui se fait parfois ressentir. On ne va pas se le cacher, ce n’est plus le Ronaldo qui peut mettre une accélération brutale et dribbler deux ou trois joueurs comme il le faisait 3 ou 4 ans auparavant. Ce déficit de puissance est désormais compensé par une certaine lucidité dans le jeu et finesse. Cela est perceptible sur son coup franc d’avant-hier pour ouvrir le score à la 45e minute de jeu. Pour le break, il a opté pour une frappe légèrement fouettée. Pas très puissante mais bien placée à la trajectoire retombante juste sous la barre. C’était sans trop de pression pour quelqu’un qui a l’habitude de jouer dans des ambiances hostiles avec un public adverse qui le chahute à toutes les rencontres. Devant un stade vide, c’était donc plus facile. Mais Cristiano Ronaldo aurait pu prendre plus de plaisir en refroidissant l’audience. «C’est triste de jouer sans supporters, c’est comme aller au cirque sans clowns ou dans un jardin sans fleurs. Moi, personnellement quand je joue à l’extérieur j’aime bien être sifflé, ça me motive », a lâché le vainqueur du FIFA Best 2018. Comme quoi, c’est le mental, conjugué au talent, qui mène au sommet. L’un ne peut aller sans l’autre. C’est la recette CR7. n