Lewis Hamilton l’a fait ! En dépit d’une saison secouée par la pandémie de covid-19, le Britannique de Mercedes est parvenu à décrocher un 7e titre mondial, record égalé avec celui de Michael Schumacher. Il l’a obtenu au Grand Prix de Turquie, où il décroche sa 94e victoire, bien loin devant son dauphin au classement Valtteri Bottas (15e) qui ne peut plus le rattraper.
Insubmersible et légendaire. Dégouté de la piégeuse piste turque après des essais libres et des qualifications laborieux, Lewis Hamilton (Mercedes) a finalement dompté les éléments pour s’adjuger une 94e victoire et un nouveau titre de champion du monde. Parti 6e, l’Anglais a parfaitement ménagé sa gomme « intermédiaire » et profité des nombreux passages aux stands de ses adversaires, finissant même par coller un tour à son coéquipier Valtteri Bottas, seul pilote encore en lice pour le détrôner au championnat… Un mois après l’avoir dépassé au nombre de victoires, Hamilton rejoint Michael Schumacher et ses sept couronnes mondiales au sommet de la Formule 1.

Performance et exécution : 10/10
Sur un circuit d’Istanbul Park qui aurait pu être le théâtre des championnats du monde de patinage artistique tant sa piste, récemment resurfacée, fut glissante et les têtes-à-queues nombreux ce dimanche, Lewis Hamilton (Mercedes) a enlevé sa 10e victoire de la saison et son septième titre. Mais contrairement à 2017, 2018 et 2019, l’Anglais a validé cette nouvelle récompense mondiale par une victoire. La cote de son succès, même s’il domine outrageusement la F1 depuis 2014, était élevée, alors que le septuple champion a connu des débuts chaotiques en Turquie. A vrai dire, tout le monde pouvait tirer son épingle du jeu dans ces conditions complexes. On attendait plutôt Max Verstappen (Red Bull), génial funambule et adepte des masterclass sur piste mouillée, ou encore Lance Stroll (Racing Point), surprenant poleman pour la première fois de sa carrière. L’impatience du premier, pourtant aux avant-postes après un envol raté, l’a fourvoyé quand il a forcé un dépassement sur Sergio Perez (Racing Point) au 19e tour. Le tête-à-queue qui suivit relégua le Néerlandais en 8e position (P6 finalement).
Le second, en revanche, avait toutes les cartes en main après un excellent départ. Epaulé par son coéquipier, le Canadien s’envolait vers un premier succès mémorable mais son deuxième arrêt aux stands l’a pénalisé. Après avoir humé les délicieux effluves d’une première victoire, Stroll terminera la course à un anonyme 9e rang. L’autre monoplace rose a, elle, conservé sa deuxième place acquise de haute lutte. Poursuivi par les deux Ferrari dans le dernier tour, Sergio Perez a tenu bon pour égaler sa meilleure performance en course, et Charles Leclerc céda la troisième marche du podium à un Sebastian Vettel revigoré. Onze titres mondiaux se côtoyaient donc sur la boîte, entre les 7 couronnes d’Hamilton et les 4 de Vettel.

Les revenants récompensés
Sur une piste détrempée, les pilotes de la deuxième partie de la grille ont été récompensés de leurs efforts et des risques entrepris. Outre la remontée de l’écurie de Maranello, Carlos Sainz et Lando Norris (McLaren), pénalisés de 3 et 5 places sur la grille avant le départ, ont respectivement terminé 5e et 8e, engrangeant de précieux points au classement des constructeurs pour la 3e place toujours verrouillée par Racing Point. A l’inverse, Alexander Albon (Red Bull), parti en 4e position, disputait une place sur le podium lorsqu’un tête-à-queue (décidément !) à la 34e boucle a ruiné ses chances, le contraignant à finir P7, derrière son coéquipier.
Renault pouvait espérer faire le plein de points, également dans l’optique du classement constructeurs, mais repart d’Istanbul avec 1 pauvre unité décrochée par la 10e place de Ricciardo (Ocon est P11). Ce n’était pas non plus la journée de Valtteri Bottas (Mercedes, 14e). Le Finlandais est resté englué dans le fond du classement après un incident à l’envol et s’est même fait prendre un tour par Hamilton. Pas de points pour les Français : Pierre Gasly est 11e, Romain Grosjean a abandonné. n