Mercedes a concédé sa première défaite de la saison, et son premier K.-O. technique aussi, lors du Grand Prix du 70e anniversaire, remporté par Max Verstappen (Red Bull). La première ligne verrouillée le samedi par Valtteri Bottas et Lewis Hamilton n’était qu’une illusion, un exercice qui n’avait guère préparé le Finlandais et le Britannique à vivre une telle épreuve sur 52 tours dimanche.
Au 14e passage, les deux hommes avaient cédé les commandes à Max Verstappen, parti pour un relais long avec ses « dur ». Si le Finlandais a pu conserver la tête de justesse après la rentrée du Néerlandais (au 28e tour), il a dû s’incliner face à lui quelques virages plus loin. Puis il a abandonné la deuxième place à deux tours de la fin, au profit de son coéquipier. « Je félicite Max, il a fait un travail fantastique ! Red Bull n’a pas semblé avoir les mêmes problèmes de pneus que nous, a commenté Lewis Hamilton, crédité du point du meilleur tour et toujours n°1 mondial. Je suis juste content d’avoir pu finir deuxième pour marquer de gros points. Nous ne nous attendions pas à galérer avec le cloquage au niveau que nous avons constaté. Le premier relais a été difficile, et j’ai géré les pneus dans le deuxième à un point qu’on n’imagine même pas. J’ai tout fait pour cajoler les pneus, mais ça n’a eu aucun effet sur le bullage. J’ai essayé une stratégie à un arrêt vers la fin. Nos pneus vibraient beaucoup et je ne savais pas s’ils allaient résister. Cela aurait été un trop grand risque à prendre et l’équipe a eu raison de ne pas le faire. J’ai tellement attaqué à la fin pour passer Charles [Leclerc] et Valtteri [Bottas] que j’ai eu l’impression qu’il ne me restait qu’un demi-pneu.»

« Dès que j’ai commencé à attaquer, les pneus ont lâché »
« Ce n’est jamais bon de partir de la pole position pour finir troisième », a reconnu Valtteri Bottas. Il avait gâché sa première, à Bahreïn en 2017, en terminant troisième place. Et excepté un abandon, en Autriche en 2018, il avait toujours gagné ou au pire terminé deuxième. Le Finlandais a donc rechuté dimanche à Silverstone, où il a été très vite en difficulté. Dès le sixième tour, son ingénieur lui a signalé que la température de son pneu avant gauche était « critique ». Le début d’une longue bataille contre la dégradation, les cloques, dont il n’a vu le bout qu’avec le drapeau à damier.
« Je pense que nous avons été dos au dos à partir du moment où j’ai cédé ma position à Max, a-t-il poursuivi. Nous aurions pu allonger le deuxième relais (13e-31e tour), de la façon dont Lewis l’a fait, pour attaquer plus vers la fin en pneus frais. J’ai essayé de contrôler Max, mais dès que j’ai commencé à attaquer dans le dernier relais, les pneus ont lâché. Nous avons vraiment galéré avec le bullage aujourd’hui ; dès qu’on a de cloques, on perd du grip et de la performance, et ça devient vraiment éprouvant. » « Il y a visiblement quelque chose que nous devons améliorer par rapport aux Red Bull, a estimé le désormais n°3 mondial. J’ai regardé les pneus de Max après la course et ils avaient l’air en parfait état, alors que les miens et ceux de Lewis étaient pleins de cloques. Je ne sais pas pourquoi. Max était beaucoup plus à l’aise que nous dans les courbes rapides.»

« Nous étions en mode limitation des dégâts »
« Félicitations à Max et à Red Bull pour leur première victoire de la saison, a déclaré en préambule Toto Wolff, le directeur d’équipe. Nous savions que, dans certaines conditions, nous ne serions pas aussi compétitifs qu’espéré et ça nous a saisis ce dimanche. C’est une combinaison de conditions plus chaudes, d’appuis aéro élevés de la voiture, de composés de pneus plus tendres et d’une pression de pneus plus élevés qui a fait que nous n’avions pas la voiture la plus rapide, et nous avons plus bullé nos pneus que les autres. Nous avons quelques jours pour en trouver la cause, aboutir à des solutions et les tester vendredi à Montmelo pour faire une meilleure course dimanche. Ce sera un défi, mais nous avons connu ça dans le passé et nous sommes revenus plus forts. Les jours où nous perdons sont les jours où nous apprenons le plus.»
Andrew Shovlin l’a rejoint dans cette analyse. « Nous ne pouvions rivaliser avec Max et Red Bull ce dimanche, a reconnu l’ingénieur en chef. Nous étions en mode ‘limitation des dégâts’ presque dès le début de la course pour être sûrs de ne pas dégringoler plus bas que deuxième et troisième. Nous étions clairement plus enclins à plus cloquer nos pneus que la concurrence, et même chaque voiture a paru en meilleure forme.» n