Ceux qui pensaient ralentir les Mercedes en supprimant leur mode Moteur spécial qualification sont pour leur frais. Pire même : ils passent vraiment pour de mauvais perdants. Car les écarts sont les mêmes, béants, entre les Flèches noires et le reste de la meute à l’issue de la séance de qualification du Grand Prix d’Italie, hier à Monza.
Sans le fameux « mode fête » comme il l’avait appelé, Lewis Hamilton s’est octroyé une nouvelle pole position dans le « Temple de la vitesse » lombard du nord de Milan, la 94e de sa carrière, sa 7e dans le jardin de Ferrari. Deux nouveaux records qui en cachent un autre plus spectaculaire et témoin de l’hyper puissance de Mercedes : en 1’18»887, le sextuple champion du monde a tout bonnement réalisé en tour le plus rapide de l’histoire du Championnat du monde de Formule 1 à la vitesse moyenne de 264, 362 km/h. Suprême ironie, puisque Mercedes en veut encore – et beaucoup ! – à la Scuderia de l’avoir embarqué dans une course à la puissance en trichant, l’Anglais efface le record établi par la Ferrari de Kimi Räikkönen en 2018.

Décevant pour Renault
Plus impressionnant encore, alors que les adversaires de Mercedes restaient obsédés par la perspective de rouler en formation serrée pour profiter de l’aspiration, Valtteri Bottas et Lewis Hamilton n’ont jamais joué à ce jeu qui peut doper la performance. Et c’est dans ce contexte que Carlos Sainz a pointé le bout de sa McLaren à la troisième place, à 0»808, devant la « Mercedes rose » de Sergio Pérez, à 0»833, et la Red Bull de Max Verstappen, K.-O. debout à 0»908.
Si les W11 ont plané, leurs challengers se sont au moins livré une bataille féroce pour les accessits, puisque la suite est une histoire de millièmes : Lando Norris (McLaren) a échoué à 0»933 et Daniel Ricciardo (Renault) à 0»977, alors que Lance Stroll (Racing Point), le brouillon Alexander Albon (Red Bull) et Pierre Gasly (AlphaTauri), meilleur Français, n’ont pas joué de rôle dans cette Q3.
L’AlphaTauri de Daniil Kvyat, classée onzième devant Esteban Ocon, l’après-midi de Renault a vraiment été décevant, loin des attentes post-Grand Prix de Belgique. Deux explications à cela : Daniel Ricciardo n’a pas été capable de faire rentrer la RS20 dans la fenêtre de performance de Spa-Francorchamps à cause d’une somme de détails que l’écurie doit maintenant analyser, et il est sorti avant la moitié du tour dans son second run, alors qu’il devait offrir l’aspiration à son partenaire tricolore.

Monza sonne creux, Ferrari hors du coup
Samedi, Monza sonnait creux sans ses tifosi et le huis clos leur a finalement épargné la pénible vision de Ferrari dépassées comme c’était prévisible. Avec les treizième et dix-septième, Charles Leclerc et Sebastian Vettel se sont nouveaux auteurs de la pire qualification de l’histoire de la Scuderia dans son repaire. Plus triste encore, le Monégasque a jugé juste après son élimination en Q2 qu’il ne pouvait faire mieux, et une fois descendu de sa SF1000, il s’est même déclaré «content» de sa place. Son collègue allemand a moins bien pris son élimination dès la Q1 dans une cohue encore une fois grotesque et surtout par moment dangereuse. n