Réglementation technique qui redistribue les cartes, nouveau coéquipier aux dents longues et aux ambitions assumées, revanche de feu annoncée avec son jeune bourreau Max Verstappen… L’année prochaine, les motivations seront multiples pour Lewis Hamilton, toujours en quête d’un huitième sacre mondial.
On l’a quitté sur un sourire de circonstance et des félicitations adressées à Max Verstappen. Depuis, Lewis Hamilton a sombré dans le mutisme le plus complet. ceux qui étaient sur place croient savoir que le septuple champion du monde ne parlera qu’après étude de l’appel de son écurie concernant le résultat de la course.
Ceux de Canal+, de leur côté, le disent « dévasté, en larmes » dans l’ombre des festivités organisées en l’honneur du pilote néerlandais. Mais dans toute cette agitation, une phrase du Britannique est passée inaperçue. « Nous verrons pour l’année prochaine », a-t-il lancé mystérieusement au micro de Jenson Button après la course folle qu’il venait de disputer, avant de s’effacer. Annonce de revanche quelques minutes après avoir perdu la bataille pour le titre ? Volonté de laisser planer le doute sur sa présence sur la grille en 2022 ? L’écurie de Brackley doit-elle trembler ?

IL NE PEUT Y AVOIR DE MEILLEUR PILOTE QUE LEWIS
On a franchement du mal à croire qu’un champion de la trempe d’Hamilton, porté en héros par une discipline qu’il a su mettre à ses pieds au gré des victoires et des records, puisse s’en aller après une déception, aussi intense fut-elle. D’autant que le Britannique, homme de défis, sait qu’une nouvelle ère s’ouvre en F1. Et pas seulement parce qu’un gamin de 24 ans vient d’inscrire son nom au palmarès et mettre fin à une domination ininterrompue depuis 2017.
La saison 2022 sera celle d’une profonde refonte technique censée redistribuer les cartes entre les participants. Outre des monoplaces redessinées et alourdies, c’est surtout le plafond budgétaire qui doit réduire les écarts entre les dix écuries afin de favoriser des courses plus disputées.
« Nous entrons dans une nouvelle ère technique, ce qui sera difficile et enthousiasmant, et j’ai hâte de voir ce que nous pourrons accomplir d’autre ensemble », avait concédé Hamilton lors de l’officialisation de sa prolongation de contrat avec Mercedes, cet été. Toto Wolff l’avait alors rejoint : « Pour ce chapitre, il ne peut y avoir de meilleur pilote dans notre équipe que Lewis.»

HAMILTON FACE À LA RELÈVE
Ce qu’on ne connaissait pas à l’époque, c’était l’identité du coéquipier du Britannique, Valtteri Bottas étant en fin de contrat. Très attaché au Finlandais, avec qui il partage le garage Mercedes depuis 2017 et qu’il a récemment qualifié de « meilleur équipier » qu’il ait connu, Hamilton devra finalement composer avec George Russell dès 2022.
En rodage dans l’écurie Williams depuis ses débuts en F1 en 2019, le pilote de 23 ans a montré de solides aptitudes l’an dernier à Bahreïn, quand il a remplacé au pied levé le septuple champion du monde, alors atteint du Covid-19. « Grâce à son travail acharné, il a gagné à juste titre sa place dans notre équipe, réagissait Hamilton à l’annonce de la signature de Russell. J’ai hâte de le voir grandir en tant que pilote au sein de cette grande équipe et de travailler avec lui pour porter cette équipe plus haut. »
Du haut de ses 36 ans (il en aura quasiment 39 à l’issue de son contrat), le natif de Stevenage voit débarquer dans son écurie l’un des hommes forts de la nouvelle génération. Un futur champion du monde en puissance. Délogé du trône par Verstappen cette saison, Hamilton va donc devoir se battre face à ses successeurs, en interne comme sur la piste.

IL N’A TOUJOURS PAS TESTÉ LA NOUVELLE MONOPLACE
Et ce, alors que Lando Norris, Charles Leclerc ou encore Pierre Gasly entendent bien profiter eux aussi de la révolution technique pour se tailler la part du lion. Un nouveau défi que le Britannique, plutôt habitué à lutter contre des pilotes dans la fleur de l’âge comme Fernando Alonso, Sebastian Vettel ou même Jenson Button, semble vouloir relever. Preuve de sa motivation : son retour au simulateur. Un exercice qu’il appréciait pourtant peu et qui lui a permis, cette saison, de trouver « des pistes intéressantes » pour contrecarrer les plans de Red Bull. « Je n’ai pas conduit la voiture de 2022 dans le simulateur parce que je me suis littéralement concentré sur celle de cette année, c’était une charge de travail assez difficile comme ça », a-t-il toutefois révélé à Motorsport.com, fin novembre.
Verra-t-on Hamilton, roi de l’ère hybride, remonté à bloc au volant d’une Flèche d’argent new look, au printemps prochain ? « J’ai toujours dit que tant que Lewis possède encore le feu de la course, il peut continuer aussi longtemps qu’il le souhaite », avait pris soin de préciser Toto Wolff, cet été. Le dernier mot reviendra à l’intéressé, quand il aura décidé de parler… n