La semaine qui commence sera vraisemblablement rythmée par la question relative à la composante du gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune qui, sitôt accomplie la cérémonie d’investiture officielle à la tête de l’Etat, a acté la démission du Premier ministre, Nourreddine Bedoui.

PAR NAZIM B et AZIZ LATRECHE
Dans le sillage, le président de la République a décidé de mettre fin à la mission du désormais ancien ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Salah Eddine Dahmoune, auteur d’un dérapage verbal pendant la campagne électorale.
Le premier a été remplacé, à titre intérimaire, par le ministre des Affaires étrangère Sabri Boukadoum, de même pour le second, dont le poste a été confié provisoirement au ministre de l’Habitat dans l’Exécutif de Bedoui, Kamel Beldjoud.
Même si le premier magistrat du pays a jugé nécessaire de garder les membres du gouvernement pour gérer les affaires courantes du pays, il n’en demeure pas moins que la fin de mission signifiée à Bedoui accrédite plus que jamais la thèse qu’il n’a plus de temps à perdre pour l’Exécutif.
Cet Exécutif ne semble pas ainsi pouvoir même bénéficier de la période de grâce traditionnellement accordée à tout nouveau venu dans un poste de décision. Mais pour l’ensemble des Algériens, c’est les noms devant composer cet exécutif qui se pose au vu du contexte politique qui a marqué l’élection présidentielle du 12 décembre mais aussi au vu de tout ce qui a émergé depuis le déclenchement du mouvement du 22 février. Nul doute que le contexte qui l’a vu accéder au palais d’El Mouradia avec une contestation populaire permanente impose certaines exigences à M. Tebboune, tenu d’installer un gouvernement à la mesure de la mission qui va lui échoir.
A l’évidence, le successeur de Bouteflika ne peut pas miser sur une figure partisane appartenant au duo du pouvoir FLN-RND pour la nommer à la tête du Gouvernement au risque de donner une légitimation à l’idée que le système opère plutôt son « recyclage » à défaut d’amorcer le changement réclamé par la rue. Et après la non-adhésion exprimée par l’ensemble des formations politiques à faire partie du gouvernement, tout porte à croire que M. Tebboune opterait pour un technocrate habitué à la gestion des affaires publiques. Au milieu de ces considérations se greffe également celle liée aux résultats définitifs de la présidentielle dans laquelle a émergé le mouvement El Bina, dont le candidat Abdelkader Bengrina a fait sensation en arrivant deuxième au classement final derrière Abdelmadjid Tebboune avec plus d’un million et demi de voix des électeurs. Bengrina a soutenu avant-hier à l’issue d’une rencontre organique du mouvement El Bina, que les critères devant précéder le choix de la composante du gouvernement doivent refléter les résultats de l’élection présidentielle. Autrement dit, Bengrina réclame une place de choix dans l’Exécutif de Tebboune. Le parti d’obédience islamiste, dissident du MSP, va-t-il jusqu’à aspirer au poste de Premier ministre pour un de ses membres ? « Cela dépendra surtout de la qualité de l’offre qui sera présentée par le président élu. Nous ignorons pour le moment si ce sera pour le poste de Premier ministre ou quelques ministères à la fois. Nous verrons bien dans les jours qui viennent», nous explique un membre de la direction d’El Bina.
En tout état de cause, les supputations vont bon train sur les futures nominations dans l’exécutif au moment où les désormais titulaires de poste chargés des affaires courantes caressent le vœu d’une reconduction.

Deux nouvelles nominations à la Présidence de la République
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé hier à deux nouvelles nominations au sein de la Présidence. C’est ainsi que M. Tebboune a nommé Noureddine Ayadi au poste de directeur de cabinet à la Présidence alors que M. Mohamed El Amine Messaid a été désigné au poste de secrétaire général de la Présidence de la République. Ces deux nominations interviennent deux jours après l’investiture officielle du président qui a eu lieu jeudi au Palais des nations.