La propagation à une vitesse vertigineuse du Covid-19, en Algérie, préoccupe sérieusement les spécialistes de la santé. Le président de la Fondation pour la promotion de la santé et du développement (Forem) Mustapha Khiati estime qu’il faut aller pour une prolongation du confinement en l’état actuel des choses. C’est du moins l’idée qu’il a défendue, hier, lors de son passage au forum de la radio Chaîne I. «Compte tenu du nombre important de patients positifs et de l’augmentation du nombre de décès, il est préférable d’aller vers une prolongation du confinement», a-t-il plaidé. De son avis, il est important de prendre plus de mesures préventives «pour limiter la propagation» de l’infection et être avant-gardistes et visionnaires en matière de «diffusion de cette pandémie dans notre pays». L’élargissement du confinement n’est pas la seule mesure à laquelle appelle le Professeur Khiati. Il préconise tout autant d’autres mesures à l’instar du recours au diagnostic du coronavirus. «Il faut généraliser et étendre le dépistage de l’infection» arguant que peu «de cas sont diagnostiqués». Preuve en est qu’il est question d’un dépistage journalier de quelque 100 à 150 cas, comparativement à ce qui se fait en Corée du Sud qui effectue pas moins de 25 000 cas par jour. Citant la Tunisie, l’hôte de la radio soutient qu’elle a élargi son dépistage, puisque diagnostiquant 5 000 cas hebdomadaires alors qu’en Allemagne le dépistage concerne un demi-million de citoyens. Dans ce cadre, Khiati n’omet pas de signaler qu’il est «vrai que le confinement décidé par le gouvernement a donné ses fruits mais se trouve insuffisant par rapport à l’évolution de la situation».
Aux yeux du responsable de la Forem, la prolongation du confinement doit se faire de pair avec un dépistage d’un nombre important de cas de l’infection par jour. Dans ce cadre, il préconise des tests de dépistage rapide pour arriver à un diagnostic immédiat des cas suspects. «Ce sont des méthodes utilisées dans plusieurs autres pays et qui ont une fiabilité de l’ordre de 80%», a-t-il précisé. Il est utile de préciser que dès l’apparition des premiers cas de coronavirus dans notre pays, le Pr Khiati avait tiré la sonnette d’alarme en soutenant que «l’apparition du coronavirus en Algérie a mis à nu les sérieuses carences dont souffre le système de santé algérien».
A ce propos, le professeur avait reproché aux autorités leur «manque de réactivité» face à la propagation du virus. «Non seulement les mesures préventives ont été prises tardivement, mais encore, elles n’ont pas été fermes», a-t-il regretté. Dans le même ordre d’idées, il avait soutenu que «dès l’apparition des premiers cas de Covid-19 en Algérie, la fermeture de toutes les frontières aériennes, terrestres et maritimes s’imposait. Surtout que la propagation du coronavirus en Algérie a été entraînée par l’entrée sur notre sol de personnes contaminées à l’étranger». Dans le même temps, Mustapha Khiati avait fait état de l’existence d’une haute instance de veille sanitaire, qui aurait, sans doute, beaucoup apporté en pareilles circonstances, en matière de prévention. «Nos décideurs écoutent la politique et non la science»,
a-t-il noté.