Le Parquet national financier (PNF) a accès à 12 millions de fichiers issus des Football Leaks qu’il est en train d’examiner pour déterminer ceux qui peuvent être utiles à ses enquêtes, a annoncé l’autorité judiciaire française à La Haye, où se tenait une réunion de coordination avec neuf autres pays sur le sujet. Depuis 2016, les révélations médiatiques basées sur les documents obtenus par le Portugais Rui Pinto, un temps connu sous le pseudonyme de « John », ont entraîné l’ouverture de plusieurs enquêtes en Europe. En France, Pinto « coopère activement » avec le PNF, qui a ouvert le 12 décembre 2016 une enquête pour « blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée », « escroquerie » et « participation à une association de malfaiteurs ». Une nouvelle vague d’articles, concernant notamment l’AS Monaco et le PSG, a été publiée fin 2018.
« La réunion de coordination d’aujourd’hui était la première entre autorités judiciaires dans l’affaire Football Leaks, afin de faire le point en détail sur ce qui a été fait dans l’enquête française et discuter du partage d’information », a fait savoir Eurojust, l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne, qui hébergeait l’événement. Les procureurs français Jean-Yves Lourgouilloux et Eric Russo y représentaient le PNF.
3.4 téraoctets
de données
Rui Pinto (30 ans) s’est procuré et a remis près de soixante-dix millions de documents sur les coulisses du foot business, soit 3,4 téraoctets de données, au magazine allemand Der Spiegel, qui les a partagés avec plusieurs médias européens, dont Mediapart en France. Il a été arrêté le 16 janvier à Budapest et risque l’extradition vers le Portugal, son pays natal, où il est poursuivi pour « tentative d’extorsion », « vol de données », « violation de secrets » et « diffamation ». António Cluny, le représentant national du Portugal à Eurojust, était présent à la réunion de La Haye, tout comme Eric Bisschop, procureur fédéral adjoint de Belgique en charge de la criminalité organisée et des matières sportives. Le parquet fédéral belge est une des premières autorités judiciaires à avoir manifesté son intérêt pour les documents de Football Leaks après l’arrestation de Pinto.n