Les sélectionneurs défilent, mais la composante de l’effectif de l’équipe nationale reste, plus ou moins, inchangée. Milovan Rajevac, Georges Leekens, Lucas Alcaraz et Rabah Madjer ont tous les quatre compté sur les mêmes joueurs ou presque. Si la qualité de l’entraîneur et sa touche peuvent faire la différence, les résultats décevants des «Verts» sont aussi à imputer aux Mahrez, Brahimi, Bentaleb et les autres qui n’affichent pas la même forme qu’en club quand ils jouent en sélection. La mauvaise passe que traverse le « Club Algérie » plombe, manifestement, des jambes.

 

Pour que ça soit clair d’emblée, loin de nous de remettre l’implication ou le dévouement pour la tunique nationale de nos «Fennecs». Il s’agit tout simplement de faire un constat sur la méforme des éléments censés tirer «El-Khedra» à bout de bras quand les choses vont mal. Surtout que certains ont indéniablement la qualité pour le faire et limiter les dégâts. Le premier joueur qui vient à l’esprit c’est logiquement Riyad Mahrez. Le meilleur joueur d’Angleterre en 2016 n’est pas vraiment flamboyant avec le maillot de l’EN depuis un bon moment.
De surcroît, l’ancien Havrais reste sur une saison très aboutie en club avec 13 buts et 12 passes décisives en 41 apparitions. Le natif de Sarcelles n’est pas aussi décisif avec les Fennecs puisqu’il ne compte que 8 réalisations pour 20 passes D en 39 capes. Et la dernière fois qu’il a trouvé le chemin des filets remonte à bien longtemps. C’était le 15 janvier 2017 à Franceville (Gabon) contre le Zimbabwe (CAN 2017). Depuis ? Plus rien même s’il a fait des offrandes (5 sur les 10 derniers matchs internationaux). Le talentueux gaucher, annoncé avec insistance à Manchester City, ne donne pas ce supplément et cette impulsion pour le jeu de l’Algérie. Notamment offensivement même si ses qualités intrinsèques ne sont pas sujettes à contestation.

Bentaleb, le mal-utilisé

Un autre Mondialiste n’a pas le rendement escompté. En dépit de son bagage footballistique. Il s’agit de Nabil Bentaleb. Le joueur de Schalke 04, vice-champion de Bundesliga, a été transparent lors des deux dernières rencontres amicales contre le Cap-Vert et le Portugal. Son manque de présence dans l’entre-jeu s’est fait ressentir parce qu’il n’y avait pas vraiment de transition et relai entre la défense et l’attaque. A la décharge de l’ex-sociétaire de Tottenham Hotspurs : son utilisation. On peut dire que les sélectionneurs qui ont défilé n’ont pas pu tirer la quintessence de ce Nabil réputé pour être un « box to box ». Le milieu de terrain aime se retrouver près de la surface de réparation adverse. Et il est souvent dangereux quand il s’en rapproche. On a en mémoire son but contre le Nigéria. Aussi, la seule fois où il était dans les 30 derniers mètres contre les Cap-verdiens, il a touché le poteau. Le cantonner à un rôle trop défensif limite son volume de jeu. Pour un football, c’est très délicat de joueur contre-nature. Contre les Portugais, le joueur de 24 ans n’a pas gratté beaucoup de ballons. Pas loin du périmètre où il évolue, il y avait un Yacine Brahimi volontaire mais qui est tombé dans l’individualisme quand il avait la possession. C’est aussi parce que numéro 8 du FC Porto ne se voyait pas proposer des solutions avec un bloc Algérie amorphe et des coéquipiers très peu inspirés. Brahimi a, lui aussi, fait un superbe saison avec son team au Portugal parvenant à décrocher le titre de champion pour la première fois depuis son arrivée en 2014. Avec l’Algérie, il est très volontaire mais souvent son impact reste minime bien qu’il touche beaucoup de ballons.

Un problème d’état d’esprit

Les trois éléments qu’on vient de citer, à titre illustratif, son certainement les plus talentueux au sein de l’Equipe nationale. C’est pour cela qu’on a évoqué leur apport qui reste en deçà de la moyenne et des attentes. Pourtant, ils étaient là lors de l’épopée brésilienne sous Vahid Halilhodzic. Ils ont fait partie de ses guerriers qui ont livré un match héroïque contre l’Allemagne, sacrée championne du Monde par la suite.
Depuis ce Mondial, beaucoup de choses ont changé. À la barre technique notamment. Les prestations sont devenues de moins en moins convaincantes jusqu’à susciter l’inquiétude. Alain Giresse, ancien sélectionneur du Sénégal qui connaît parfaitement le football africain, l’a fait constater. « Cela dure un peu et c’est vrai aussi que c’est les mêmes joueurs pratiquement ou presque qui ont fait le Mondial-2014 mais il faut savoir dans quel état d’esprit sont les joueurs actuellement en sélection nationale. Une situation délicate est certainement le résultat d’un ensemble de choses qui ne tournent pas rond, ça ne se repose pas uniquement sur une seule personne. Il faut avoir une appréciation justement plus précise pour pouvoir tirer les bonnes conclusions et connaître ce qui ne va pas réellement dans cette équipe », préconise-t-il. Reste donc à savoir d’où vient cette anomalie pour entamer la convalescence.