C’était officieux, désormais c’est officiel ! L’international algérien Riyad Mahrez a reçu, jeudi soir à Abuja (Nigéria), le trophée du Joueur africain de l’année.

Le Fennec continue à récolter les récompenses de l’année faste réalisée avec son club Leicester City sacré, à la surprise générale, champion d’Angleterre. On a envie de dire que le raz-de-Mahrez a tout raflé sur son passage, enfin… presque.

15822676 10154979973493901 2024096671627347730 nLe 27 décembre dernier, Mohamed Salah (Egypte) a été élu, lors des Globe Soccer Awards abrités par Dubaï (Emirats arabe unis), Meilleur joueur arabe en 2016 devant l’Algérien Riyad Mahrez. Une distinction qui devait, en toute logique, revenir à celui qui a remporté le titre de MVP 2016 en Angleterre (Meilleur joueur en Premier League) et le Trophée BBC qui récompense le footballeur le plus talentueux en Afrique. Ça sera la seule distinction individuelle que le Dz aura manqué de brandir cette année. Des regrets ? Pas vraiment pour le talentueux ailier qui a dédramatisé dans la foulée. « Franchement, ce trophée n’est pas important pour moi. Je ne savais même pas qu’il existait. Après, vous savez, il y en a pleins qui inventent des trophées, mais bon. Moi, j’ai remporté celui du Buteur/El Heddaf et je suis content. Lui (Ndlr, Salah), il a remporté l’autre trophée. Il n’y a pas de jalousie entre nous deux. S’il l’a gagné, c’est bien pour lui et voilà», avait tempéré Mahrez. Neuf jours plus tard, le numéro 7 de l’EN a mis tout le monde d’accord en remportant la plus haute décoration lors des Glo CAF Awards 2016 : le « Ballon d’Or africain ». Pour l’anecdote, l’Egyptien ne figurait même pas dans le « Top 3 » final qui se disputait le Graal. Cette fois, la logique a été respectée. Le digne héritier de Salah Assad a trôné, avec 361 points en sa faveur, devant le Gabonais Pierre-Emerick Aubamayang (313 points), tenant du titre, et le Sénégalais Sadio Mané (186 points). Au pupitre, celui qui a terminé 7e dans le classement du Ballon d’Or France football s’est exprimé avec l’humilité qu’on lui connaît tous : «Je suis naturellement très content de remporter ce trophée. Je voudrais d’abord remercier toutes les personnes qui ont assisté à cette cérémonie. Ce trophée représente beaucoup pour moi. Je n’oublie pas de remercier mes coéquipiers en sélection et en club, à savoir Leicester City. Je remercie également le président de la FAF ainsi que mon agent. Je n’oublie pas ma famille et tous les Algériens et les Africains», a-t-il reconnu. En raflant la mise, le natif de Sarcelles venait tout simplement de briser une hégémonie de 13 années durant lesquelles ce titre revenait à des footballeurs de l’Afrique subsaharienne. Il fallait remonter jusqu’en 1998 pour retrouver un vainqueur issu d’Afrique du Nord en la personne du talentueux Mustapha Hadji (Maroc). Le « Lion de l’Atlas » était, jusqu’à jeudi, le seul Maghrébin à avoir dompté la foule de l’« Afrique noire » qui a dicté sa loi à 23 reprises en 24 opus.

Légendaire comme Madjer et Beloumi
En outre, Mahrez a mis fin à 29 ans de disette pour l’Algérie à ce niveau. Le dernier Algérien décoré à cette échelle était Rabah Madjer en 1987 qui avait imité Lakhdar Belloumi couronné cinq années plus tôt. C’était avant que le concours ne soit « rebaptisé ». Avant 1992, année choisie par la CAF pour lancer son propre gala, c’était le magazine France football qui décernait le Ballon d’Or africain (1970 à 1994). Encore une preuve que les Mahrez & cie peuvent marcher sur les traces de la génération dorée du football algérien qui avait brillé lors de la Coupe du Monde 1982 en Espagne. Surtout que l’actuelle sélection avait réussi à se hisser en huitièmes de finale lors du Mondial 2014 au Brésil.
Reste à savoir si tout cela aboutira sur une victoire finale lors d’une Coupe d’Afrique des nations comme ce fut le cas en 1990 ici même en Algérie. Un tout autre défi, collectif cette fois, qui ne sera pas facile à relever. En réalité, Mahrez a pu compter plus sur ses performances avec les « Foxes » que celle avec « El-Khadra » avec laquelle il n’a pas vraiment brillé en 2016. Trois buts seulement pour deux offrandes, c’était trop peu sur une année civile avec la sélection. Un bilan maigre pour quelqu’un qui était dans le Top 10 (5e avec 17 pions) des buteurs et des passeurs (5e avec 11 assits) de la Premier League considéré comme l’un des meilleurs championnats au monde.
Des prestations mitigées et un manque d’efficacité que l’ancien sociétaire du Havre AC essayera de rectifier lors de la Coupe d’Afrique des nations (14 janvier-05 février au Gabon). En attendant que l’ascension météorique de Mahrez aide les « Verts » à achever leur parabole au sommet de l’Afrique du football, il faudra que d’autres facteurs soient réunis. A commencer par celui de l’efficacité que le 11e joueur au classement UEFA devra retrouver. La messe gabonaise sera une occasion inouïe pour que le joueur aux 26 sélections (6 buts et 14 passes D) confirme la gargantuesque saison réalisée en 2016 et chasser le doute qui le ronge depuis le début de cet exercice. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.