Les deux dernières sorties amicales de notre sélection nationale ont nourri, sans surprise, commentaires et analyses contrastés et les choix tactiques, comme celui du onze entrant, de l’entraîneur national Rabah Madjer ont fait l’objet de sévères critiques y compris de la presse spécialisée, qui n’a pas hésité à évoquer un malaise au sein du groupe.

Les sorties de Bentaleb, Mahrez, le dépit affiché de Taïder, ont ainsi donné du grain à moudre aux tenants de cette thèse qui se sont, certes à demi-mots, demandé si Madjer n’avait pas la tête ailleurs.
En Italie, dit la rumeur algéroise pas si folle que cela, à bien y regarder de près, quand on sait l’incontournable défi des Azzuris de laver l’affront d’une humiliante élimination de la prochaine coupe du monde de Russie et quand on fait le constat – sur lequel il y a un véritable consensus parmi les observateurs et les dirigeants du football Italien – qu’aucun des entraîneurs italiens en fonction et, encore moins leurs confrères européens ou latino-américains, ne semble intéressé ni avoir la stature et l’envie  pour envisager la résurrection attendue par les tifosis.
Comme c’est souvent le cas en pareille situation, il est difficile de dire avec précision qui a lancé, dans les rangs des décideurs italiens, l’incroyable piste Madjer, mais il ne fait pas de doute que le label Algérie a bien conquis le monde du football italien, notamment avec les performances des Mesbah, Belfofdil et la remarquable position de Ghoulam au sein du Napoli ces dernières saisons, sans oublier l’intérêt manifesté par la «vielle dame» de Turin pour Mahrez.
Du côté de Dely Ibrahim, c’est une fois de plus l’omerta et si les adjoints de l’entraineur national concèdent aux journalistes un sourire entendu, on sait que Madjer maintient fermement sa stratégie du silence. Ce qui ne manque pas d’alimenter les spéculations dont les salons d’Alger ont le secret. Ranieri en missionnaire, Zidane  et ses réseaux algériens à l’œuvre ? En tout état de cause, cette piste italienne offre un éclairage, à ne pas négliger, sur le climat qui semble régner chez nos Verts.
Rencontré lors de son jogging matinal du côté de Bouchaoui, Djamel Ould Abbès, dont la passion pour le football est un secret de polichinelle, a lâché cet énigmatique commentaire : «La reconnaissance de nos compétences et de nos talents à l’international n’est un secret pour personne.»
R. N.