Par Feriel Nourine
Face à un déficit budgétaire qui ne cesse de grossir, et atteindra de nouveaux sommets en 2023, les pouvoirs publics sont allés chercher une source à son financement en réactivant le Fonds de régulation des recettes (FRR), comme déjà indiqué sur nos colonnes, à travers l’excédent prévisionnel de la fiscalité pétrolière, et par le financement à travers le marché des valeurs du trésor.
En ce sens, l’Etat va recourir à la plus-value non négligeable de 2.300 milliards qui devraient être disponibles dans ce fonds à la fin de l’année 2022, a indiqué le ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali, lors d’une plénière consacrée à la réponse aux questions et des membres du Conseil la nation dans le cadre du débat autour du texte de loi de finances 2023. Laquelle prévoit que le Trésor verra son déficit passer de 4. 093,3 milliards de dinars (15,9 du PIB) en 2022 à 5.720,0 milliards de dinars sur la période 2023-2025 (-20,6% du PIB).
Pour 2023, cette évolution sera générée par la hausse considérable des dépenses publiques dont le montant atteindra un montant historique de 13.786 milliards de dinars, dont 9.767 mds de DA de dépenses de fonctionnement, est-il indiqué dans la LF qui entrera en vigueur dans trois semaines.
Quant aux recettes prévisionnelles pour la même année, elles sont de 7901,9 mds DA (+4%).
Evoquant les moyens de financement du déficit prévu en 2023, M. Kassali a de nouveau écarté le recours au financement extérieur, et privilégié exclusivement le financement intérieur à travers le recours au marché financier outre la mobilisation de ressources financières importantes par l’adoption de mesures contenues dans le programme du gouvernement à même d’alléger la pression sur le budget de l’Etat par le développement des outils de financement bancaire.
Concernant le FRR, qui avait servi à financer une partie du déficit du Trésor avant de s’épuiser en 2017, sa réactivation s’est opérée via la loi de finances 2022, et constitue une opportunité à exploiter en cette conjoncture de relèvement des prix du pétrole. Pour l’année prochaine, le budget a été élaboré sur la base d’un baril à 60 dollars, alors le prix prévisionnel est nettement plus haut et devrait permettre à l’Algérie de soigner considérablement ses recettes d’hydrocarbures pour dégager un différentiel conséquent au profit du FRR.
Ce mécanisme fonds est un fonds souverain algérien créé en 2000 dont le but est de gérer les excédents budgétaires liés aux exportations d’hydrocarbures. Le fonds compte 32,5 milliards dollars d’actifs sous gestion à fin juin 2015, avait d’être asséché dans une conjoncture de marché pétrolier sous le choc à partir de 2014.
Pour 2022, l’Etat engagera les 2 300 milliards de dinars grâce à un exercice qui a vu une nette amélioration des recettes pétrolières du pays. Celles-ci devraient dépasser les 50 milliards de dollars, sous l’effet avantageux d’une forte hausse des cours du brut, et une référence algérienne (Sahara Blend) qui s’est distinguée sur le marché de l’or noir en se classant parmi les meilleures brut du panier de l’Opep.
Le taux de participation des recettes pétrolières au budget de l’Etat est appelé à connaître un recul en 2023, a fait savoir l’argentier du pays devant les sénateurs. Il se situera à 41% dans un exercice qui sera marqué par une nette amélioration de la fiscalité ordinaire, qui atteindra 59% du total des recettes budgétaires, a-t-il précisé. n