Le Fonds de garantie des crédits aux PME, appelé FGAR, va élargir son portefeuille de garantie à la couverture des crédits d’exploitation et compte demander sa recapitalisation pour augmenter ses capacités d’engagement, a annoncé, hier, à Alger son Directeur général, Abderraouf Khalef.

C’est lors du Forum d’Algérie Eco que M. Khalef a, également, fait savoir que dans le cadre de la loi d’orientation et de promotion de la PME, le FGAR sera complémentaire au Fonds d’amorçage prévu par cette loi pour financer les start-up au moment de leur création (article 21). Ce fonds d’amorçage sera effectif lorsque les textes d’application seront publiés au cours de l’année. Le Fonds de garantie a été institué en 2002 et a vu le jour deux ans plus tard. En douze ans, 2 000 PME ont été accompagnées avec un montant d’investissement totalisant 150 milliards de dinars (1,5 milliard de dollars) avec 60 000 emplois créés, a indiqué M. Khalef. La capitalisation du FGAR est de 3 milliards de dinars, dont un milliard de dinars et 15 millions d’euros, financé par l’Union européenne (UE) dans le cadre du programme MEDA pour le financement de l’extension des activités des entreprises. Cette capitalisation peut atteindre huit fois le capital actuel, selon le Directeur général du FGAR.

Un projet de création de joint-venture avec l’Ansej
La garantie des crédits d’extension des PME est essentiellement complémentaire au dispositif de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes pour les projets « innovants ». Dans ce sens, le Directeur général du FGAR a parlé d’un projet de joint-venture avec cette agence. Toutefois, cette garantie couvrira aussi les jeunes entreprises créées en dehors de ce dispositif. La couverture est de 60% du montant pour une valeur située entre 4 et 100 millions de dinars et peut atteindre jusqu’à 250 millions de dinars. Par ailleurs, le FGAR a identifié des niches dans différents secteurs d’activités, telles celui du tourisme pour lequel il n’existe aucun fonds de garantie, ou encore l’artisanat dans lequel il a été récemment signé une convention pour 1 500 projets nécessitant entre 100 et 250 millions de dinars. Le Fonds de garantie des crédits à la PME intervient lorsqu’un sinistre est déclaré au niveau de la banque, lorsque l’opérateur économique arrive à 4 échéances impayées du crédit contracté auprès de sa banque. Actuellement, il est en relation avec 15 banques et établissements financiers et bientôt une banque privée et deux autres établissements financiers s’ajouteront à son réseau de partenaires, a indiqué M. Khalef sans les nommer. Ce sont ces banques que le FGAR rembourse à hauteur de 40% du montant de garantie en cash sur place et le reste, soit 60%, après la vente aux enchères de l’outil de production et autres biens de l’entreprise qui n’arrive pas à s’acquitter de ses dettes auprès de sa banque.

Les sinistres représentent 7% du total des dossiers de crédits
Généralement, selon M. Khalef, le montant de garantie dépasse rarement les 25 millions de dinars en moyenne pour une PME. Le taux des sinistres est de 7% par an, soit sur 30 dossiers traités annuellement deux à trois déclarent un sinistre sachant que le taux de mortalité est de 10% en un an, a-t-il affirmé. L’intervention du FGAR se fait contre le paiement de frais dont une commission d’études de 20 000 DA/dossiers plus 0,5% du montant de la garantie. Il possède une double casquette en intervenant directement pour financer l’investisseur ou couvrir le risque sur le crédit auprès de la banque contre un certificat de garantie délivré à la banque. Sa faiblesse est son réseau composé de 4 antennes régionales (Oran, Annaba, Biskra et Ouargla). Les responsables de cet organisme ont lancé une expérience avec la Badr pour une opération d’information aux niveaux de ses agences sur le FGAR qui sera élargie aux autres partenaires. A ce propos, « les banquiers ne connaissent pas le dispositif », a déploré M. Khalef. Pour les critères d’éligibilité, le FGAR donne la priorité au nombre d’emplois à créer et la situation géographique privilégiant les investisseurs dans le sud du pays. Toutes les activités sont éligibles à l’exception du commerce en l’état. Il couvre la création de PME, la rénovation, l’extension et la prise de participation. L’industrie représente le plus gros de son portefeuille, suivi du BTPH avec 28% et enfin les services représentant 20%.
Le FGAR sera le partenaire « privilégié » de l’Agence nationale de développement de la PME (ANDPME) qui aura un nouveau statut dans le cadre de la loi pour la PME. Dans ce cadre, le Fonds sera membre dans le conseil d’administration de cette « nouvelle » agence, selon son Directeur général.