Par Nadir Kadi
Sous le coup de poursuites en lien avec le terrorisme, Mohamed Azzouz Benhalima, détenu depuis le mois de mars dernier suite à son extradition d’Espagne, a de nouveau livré certaines informations sur le fonctionnement et le but de l’organisation «Rachad», classée sur la liste des mouvances terroristes en mai 2021. Le détenu, interrogé dans le cadre du documentaire intitulé «Chemin de la félonie…. détails de la conspiration», diffusé dimanche soir par la Télévision algérienne, a notamment déclaré que la direction de Rachad «est composée de cinq personnes (…) en plus de deux magistrats franco-algériens qui ne se montrent jamais».
De nouveau aveux qui interviennent alors que le détenu est sous le coup de poursuites et condamnations pour «adhésion à un groupe terroriste», en l’occurrence «Rachad», «criminalité transfrontalière» en passant par «atteinte à la sécurité et l’intégrité du territoire national» ou encore «diffusions de fausses informations pour atteinte à la sécurité et au moral de l’armée»… Mohamed Azzouz Benhalima est largement revenu sur son parcours et plus encore sur sa rencontre avec les réseaux du mouvement «Rachad».
Ainsi, dans un récit repris hier par l’APS et qui enfonce davantage l’organisation «Rachad», le détenu, qui avait rejoint les rangs de l’ANP en tant que chauffeur, a indiqué avoir pris contact en août 2019 avec le nommé Mohamed Abdellah à qui il a fait part de son désir d’émigration. Mohamed Abdellah, qui était en contact permanent avec le responsable du mouvement terroriste Rachad, Larbi Zitout, aurait en ce sens «exploité» la position de militaire de Mohamed Azzouz Benhalima pour les intérêts de la mouvance ; le détenu, relevant dans le documentaire, que l’objectif de Larbi Zitout «consistait à recruter des militaires actifs au sein des différentes unités de l’ANP pour lui servir de sources d’informations et les exploiter par la suite dans ses plans».
Quant au fonctionnement interne et à l’organigramme de «Rachad», il se confirme encore, selon les déclarations de Mohamed Benhalima, que Larbi Zitout est «la tête pensante» du mouvement ; ce dernier étant vraisemblablement secondé, selon la même source, par Abbas Aroua, Mourad Dehina, Rachid Mesli, Nazim Taleb et «deux autres binationaux», en plus de l’implication d’Ismaïl Zitout présenté comme le responsable médiatique, ou encore, de Amir Dz, qui avait pris attache avec le détenu, et d’un «contact» vraisemblablement établi aux Etats-Unis qui n’intervenait que pas messagerie et sous pseudonyme.
En ce sens, le détenu Benhalima, qui a précisé avoir quitté l’Algérie en septembre 2019 à destination de l’Espagne (Alicante), aurait directement été contacté, une fois en Europe, par Mohamed Abdellah, un personnage qui deviendra dès lors son «intermédiaire avec Larbi Zitout». Et dans cette logique, se disant victime de «chantage» après avoir reçu des «aides financières» de la mouvance, puis de «pressions» en vue de répondre aux directives, Benhalima, qui prétend avoir été admis en octobre 2019 dans le centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Tolosa (Espagne), a commencé à diffuser «des vidéos d’incitation» selon les orientations données par Ismaïl Zitout. Le détenu ajoutant, par ailleurs, qu’il avait été contacté par Larbi Zitout, ce dernier lui demandant de lancer une chaîne Youtube pour les mêmes objectifs.