Par Milina Kouaci
Entre le ministère des Finances et les fonctionnaires des Impôts, les comptes ne sont pas encore soldés et le conflit entre les deux parties persiste.
Un troisième débrayage a été enclenché, hier, par les fonctionnaires des Impôts qui ont accompagné leur action par un rassemblement à Alger dans ce qui peut marquer un durcissement de la contestation. D’autant plus que le débrayage de 3 jours a connu une forte adhésion, selon le Syndicat autonome des fonctionnaires des impôts (SAFI) qui a initié ce mouvement de grève qui a estimé le taux de suivi à 80%.
«Le taux de suivi a atteint dans certaines wilayas les 100%», a relevé le syndicat dans un communiqué rendu public, ajoutant que «ce taux aurait reculé dans la wilaya d’Alger, par ce qu’il qualifie «d’abus d’autorité» du directeur de cette wilaya. «Il y a eu recours aux intimidations et menaces en usant la force pour fléchir le mouvement», accuse le syndicat. Ces intimations ne sont pas du goût des travailleurs qui exhibent la menace de radicaliser la contestation si la tutelle «ne change pas sa manière de traiter avec la contestation».
Et plus que la désapprobation de l’attitude de la tutelle, les grévistes se disent attachés à leur plateforme de revendications socioprofessionnelles telles que consignées dans le communiqué qui accompagne le préavis de grève, déposé par le syndicat au niveau de Premier ministère, Direction générale des impôts, et le ministère des Finances. «Nous ne comprenons pas comment la tutelle ne respecte pas les engagements de trouver des solutions à nos doléances», pointent des fonctionnaires grévistes. Ces derniers tiennent à mettre en avant les points contenus dans la plateforme de revendications. Il s’agit notamment de l’application de la loi organique et du système compensatoire en souffrance, faire sortir carrément le secteur des impôts de la Fonction publique afin de permettre un développement harmonieux à ses fonctionnaires, la numérisation totale du secteur, le versement de la prime relative au Fonds de revenu complémentaire (FRC), révision du code fiscal actuel, resté le même depuis les années 1990, en vue de l’allégement des taxes.
Il est réclamé aussi «plus de moyens financiers et humains en rehaussant le volet formation à travers la reconsidération de l’Ecole nationale des impôts (ENI), l’ouverture de nouveaux centres de proximité en restaurant les anciens et en finalisant les projets en chantier, l’application des recommandations du Conseil des ministres, tenu en novembre 2019, qui a planché sur le secteur des impôts».
Cette nouvelle action de protestation signée le SAFI, présent sur le champ syndical depuis novembre 2019, intervient alors que la tutelle a procédé à des changements dans les directions de wilaya. Elle intervient aussi au moment où les établissements des impôts sont fortement sollicités par les citoyens pour s’acquitter de la vignette automobile à quelques jours de l’expiration du délai fixé au 31 mars. «Heureusement qu’un service minimum est assuré au niveau des guichets. Autrement, c’est le citoyen qui payera pour ce conflit», estime un automobiliste qui vient de s’acquitter des frais de la vignette dans une agence, à l’ouest de la capitale.