Alors que de nombreux projets industriels peinent à démarrer et à se matérialiser, faute de terrain d’implantation, des assiettes de foncier industriel, se comptant par milliers d’hectares, attendent désespérément la réalisation des usines pour lesquelles elles ont été attribuées par l’Etat dans le cadre de la concession. Cette situation, qui n’est pas nouvelle, nuit au développement des investissements à travers le pays, dont les retombées en création de richesses et d’emplois ne peuvent être que salutaires, notamment en cette conjoncture où l’économie nationale est appelée, pour sortir de la crise ambiante, à développer et en diversifier sa production industrielle.
L’Etat n’ignore pas la réalité. Il le reconnaît même régulièrement depuis des années déjà, mais sans pour autant que les mesures qu’il promet pour y remédier ne soient perceptibles sur le terrain. Youcef Yousfi, le ministre de l’Industrie, a d’ailleurs eu à vérifier, dès son arrivée à la tête du ministère que la « crise » du foncier industriel était toujours persistante et aussi aiguë, en dépit des assurances fournies par l’ancien responsable du secteur, Abdeslam Bouchouareb.
M. Yousfi a d’ailleurs régulièrement reconnu, lui aussi, que le manque de foncier est l’un des principaux obstacles entravant l’investissement en Algérie eu égard à la pression et à la spéculation exercées sur les assiettes qui y sont destinées.
Lundi, le ministre est revenu à la charge à partir de la wilaya de Bouira, où il se trouvait en visite de travail. Il a, à l’occasion, fait savoir qu’un projet de loi permettant à l’Etat de récupérer le foncier industriel non exploité sans recourir à la justice est en prévision. Précisant qu’à travers cette procédure, il s’agit d’«obliger les investisseurs à exploiter leurs terrains et lancer leurs projets afin de contribuer sérieusement à la diversification de l’économie nationale via la création de richesses et d’emplois». M. Yousfi a souligné que toute assiette foncière industrielle attribuée dans le cadre de la concession et non exploitée «sera récupérée par les services de chaque wilaya afin de l’attribuer aux investisseurs capables de réaliser des projets sur le terrain», rappelant l’instauration de la nouvelle taxe annuelle de 5% que le gouvernement
a décidé d’imposer aux assiettes foncières octroyées dans le cadre de la concession, mais non exploitées au bout de trois ans par le bénéficiaire. Rappelons qu’en 2017, les résultats d’une évaluation de la situation des zones industrielles et zones d’activité ont été rendus publics par l’ex-Premier ministre Abdelmadjid Tebboune. L’étude, réalisée par les ministères de l’Intérieur et de l’Industrie faisait ressortir 11 600 hectares de réserves foncières destinées à l’investissement en situation de non-exploitation, dont 13 977 parcelles couvrant une superficie de 5 530 hectares non attribuées
(2 773 hectares dans des zones industrielles et 2 757 hectares dans des zones d’activité). Cette évaluation mettait en exergue l’existence de
15 140 parcelles destinées à l’investissement, attribuées mais non exploitées, couvrant une superficie de
6 132 hectares (3 183 hectares en zones industrielles et 2 949 hectares de zones d’activité)